The BLACK VAULT – One Way

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The BLACK VAULT – One Way

The Black Vault

The Black Vault, One Way, seize titres pour un album surprenant de maturité. Si ça fait un peu long pour deux Faces de vinyle, il en va tout autrement de l’intérêt produit. Point de longueur, que du bonheur au cœur de cet élan calorifère. Tout juste disponible sur les étals, désenfourné le 18 juin 2021, le projectile va continuer de brûler un bon moment avant de refroidir. Il se pourrait même qu’il reste incandescent le temps que le groupe lui forge un héritier.

Participant activement à cet effet, le son des guitares rutile tout autant qu’il déchire. Les amateurs de hard rock risquent d’y laisser leurs tympans. Pourtant coutumiers des grêlons, ils vont trouver fort à vibrer dans cette charge de cavalerie blindée. Une fois réglés sur le tempo « canicule », les amateurs de sensations vont assurément braver l’excès de vitesse. Nonobstant, s’il est facile de faire du bruit, « originaliser » le propos relève d’une démarche moins commune. Point fort, les quatre garçons et la fille y parviennent haut la main !

The BLACK VAULT – Tu Peux Dream

Quelles sont leurs influences ? Ce bon vieux heavy rock des 70’s mouliné « cicatrice ». AC/DC, Status Quo, Pat Travers bousculent les amplis, font vibrer l’horizon. C’est d’autant plus vrai pour The Black Vault que l’amiral aux commandes du vaisseau participa activement au mouvement. Figure de proue, moteur es engouement, Yves « Vivi » Brusco agite les rangs. Ce nom vous dit quelque chose ? Bien sûr ! Évidence ! Le « Vivi » de Trust, d’ « Antisocial », et consort : « La grande Illusion », « Varsovie », « Paaaaaaris ! Héro populaire !!! » … inoubliable et fulgurante épopée du plus déterminé des combos français.

Dans One Way, Mr Brusco allume une six cordes. Non content de l’incendier, il la tisonne, la transforme en brasier. Sans céder à la facilité, en parallèle aux montagnes de décibels défouraillés, il compose des mélodies accrocheuses incrustées de refrains permaliens.

Out Of Breath

D’un titre à l’autre, l’album conserve une ligne directrice que des coups de tabac savamment distillés viennent animer. Lorsqu’on pressent un accord, une phrase musicale usitée, un jeu de piste prend la place, trésor orchestré. Les parfums et fragrances sont filtrés puis distillés, adjuvants nécessaires aux essences de qualité. L’épicurien jubile, s’en goberge dans son coin puis, très vite, partage ce Grand Cru Classé. C’est que nourrir concomitamment organisme et psyché n’est pas chose aisée. A une époque où l’on ne compte parfois qu’une seule pièce maîtresse dans un océan de monotonie, dégusté pareil long format promeut l’épilepsie.

The BLACK VAULT – I Am The King

On peut alors s’interroger sur l’absence d’un Label digne de ce nom au dos de l’emballage. Être distribué sur des plateformes de téléchargements est une opportunité mais quid d’un CD ou, mieux encore et mérité, deux belles « soucoupes hurlantes » de vinyle noir ? « Hey, les mecs, vous suivez ?! ». Armé d’une campagne d’annonce dans les médias, joué sur les ondes : Oui FM, RTL2, et correctement distribué, cet enregistrement crèverait l’écran. Où sont les directeurs artistiques d’antan, hommes de convictions qui brassaient le houblon pour en extraire la bière ? The Black Vault, One Way, plus qu’un jet d’alcool mordoré, une boisson sacrée.

Malcolm

Faire de la musique, c’est aussi célébrer ceux qui vous ont précédés. Ils sont légions ces groupes qui refusent l’appariement aux aînés, revendiquant sortir de rien … pour finalement y retourner. Reconnaissant, Vivi rend hommage à deux musiciens parmi ceux qui l’ont conduit à en vivre : Rick Parfitt, l’âme rythmique de Status Quo, et Malcolm Young, le boss d’AC/DC. Deux icônes, deux chansons : « Malcolm » et « Ricaster ». Pour ne rien gâcher, ces deux frelons tutoient le mur du son.

The BLACK VAULT – Ricaster

Au chant féminin, Elodie enroule sa voix suave et profonde autour des guitares. Certaines de ses intonations rappellent Muriel Moreno de Niagara, une autre liane. L’alternance francophonie / anglophonie, avec un penchant pour celle-ci, délaisse l’accent désagréable qui trahit l’interprète gaulois.

A l’autre « rapière », Bruno, un autre Brusco, pas un frère, un fils. Travailler en famille est une arme à double tranchants, une éventuelle lame de discorde. Sur ce coup, no blême, tout le monde célèbre le même charbon. Côté basse et batterie, Manu et Charley assurent une assise solide, sans boiterie et sans canne, de la pure, du pavot, une vraie came.

Scene Sene

Au final, peut-être trouverez-vous cette chronique dénuée d’objectivité, déloyalement favorable aux protagonistes : « The Black Vault à l’Elysée ! ». Si c’est le cas, c’est que vous n’avez pas écouté les extraits dont elle est parsemée. Prenez le temps et le train. Suivez la flèche : One way, le seul chemin.

Thierry Dauge

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