SLADE – Cum On Feel The Noize

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SLADE – Cum On Feel The Noize

Slade

« Mama Weer All Crazee Now », « Gudbye T’ Jane », « Get Down and Get With It », « Cum On Feel The Noize »…. Slade, le groupe qui a eu le plus grand nombre de n°1 dans les charts anglais.

Depuis 1968 et N’ Betweens, premier patronyme du groupe, via Ambrose Slade puis Slade tout court, les quatre des Midlands : Dave Hill, guitare – Noddy Holder, voix – Don Powell, batterie et Jim Lea à la basse, ont toujours fait de la musique dans un esprit « garage », décalquant leur musique sur leurs cousins du pub rock. Classé dans le courant montant du Glitter et du Glam, pur produit des 70’s, ils ont d’avantage ciblé les singles que les long formats. En la matière, ils sont les rois !

SLADE – Cum On Feel The Noize

La démesure de Slade commence dès la voix de Noddy Holder, une corne de brume, une sirène d’alarme, un mégaphone ! Et puis viennent les costumes de parade, des pièces de tissus à carreaux, du plastique, des feutrines, du métal, ils ne s’interdisent rien. Et puis les guitares de Dave Hill, faites sur mesure selon des critères qui lui appartiennent, véritables boules à facettes, renvoient la lumière captée par le groupe à ses adeptes en pâmoison. Mais tout cela ne serait rien que de la poudre aux yeux sans les chansons. Dans ce domaine, la paire Holder / Lea usine sans bavure des mélodies canonisées par le public. Partageurs et gentlemen, ils en feront bénéficier les filles de Girlschool dans les 80’s.

Mama Weer All Crazy Now

Lorsque, curieux de ce succès étonnant, on prête l’oreille aux chansons, on trouve des accords et des rythmes assez similaires à ceux de Status Quo, la hype glam en supplément. Par contre, là où le Quo impose ses albums, Slade manque d’épaisseur. Leurs longs formats laissent les auditeurs sur leur faim. Étrangement, il en va de même pour la concurrence, essentiellement Sweet et Garry Glitter. Pour accéder aux trésors, identifier des 33-Tours dignes de trôner aux côtés de leurs rejetons, il faut fouiller dans la discographie puis la jouer tous sens éveillés. Slayed (1973) et Whatever Happened To (1977) relèvent le gant, chromés par des titres heavy aux refrains appétant.

SLADE – Move Over (Slayed)

« Move Over », présent sur Slayed, est une reprise de Janis Joplin. Elle rend grâce au talent du groupe. Slade la restitue sans démériter, loin du ridicule où l’exercice aurait pu les mener. Dans cette version enregistrée live pour la BBC, on discerne même une proximité avec un genre musical plus musclé, le hard rock. Omniscient, il n’est pas surprenant que le groupe ait su coloniser le milieu des 70’s, période plébiscitant les combos bruyants.

Slade

La sensibilité blues, heavy et glam des membres de Slade ne pouvait que réunir un maximum de monde sous leur bannière, même pailletée. En balayant des 60’s au punk, leur fresque sonore invite la jeunesse, les ados et adultes au même comptoir, celui d’un fun sans fard. Un comble pour des musiciens sur maquillées qui, n’en déplaise aux poseurs, préfèrent le cul de la crémière au beurre … entre deux Lager.

Gudbye T’ Jane

Alors qu’ils sont en perte de vitesse, pousser hors des radios par une mouvance plus dépouillées : le punk, ils réalisent un album décapant, Whatever Happend ToSlade. Sur la pochette, on les voit en skinheads, leurs premiers oripeaux, ainsi que plus simplement vêtus. Pour que les choses soient claires, ils posent dans une rue nommée Rock Street. CQFD. Bien que la carrière du groupe perdure au-delà de ce disque, il sonne telle une épitaphe, certes électrique et sans compromis.

SLADE – The Soul, The Roll and The Motion

Si le style caractéristique du quatuor reste identifiable, les titres bastonnent et grondent méchamment. La production heavy / arrache-clous découle du travail de Chas Chandler. Ex guitariste des Animals, producteur des deux premiers albums de Jimi Hendrix (c’est lui qui le fit venir en Angleterre), il est à l’origine du succès de Slade. Décédé en 1996, il sortit Slade de l’anonymat, pour le meilleur de ce que le glam aura livré à l’Histoire du rock anglais.

Dogs of Vengeance

Saisissant une clé à cliquets pour, soulevant le capot, démonter les carburateurs du V8 qui les meut, on découvre les quatre musiciens dans leur plus simple appareil. Mis à nus, toutes périodes confondues, ils transpirent la simplicité. Paradoxe pour une formation ayant animé tant de fiestas dans la fureur, le luxe et le bruit, ils ont su rester eux-mêmes, trinquant sous les projos à la santé des prolos.

SLADE – Be

Persiste une question au sujet de Slade : que peut bien vouloir dire ce patronyme intraduisible en français ? Chacun sa réponse, chacun son idée. La mienne ? Et bien …j’ai déjà rédigé 226 chroniques pour en « parler » …

Thierry Dauge

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