SEPTEMBER AGAIN – From Nothing to Nowhere

0
511

SEPTEMBER AGAIN – From Nothing to Nowhere – Nouvel Lp

September Again

« From Nothing to Nowhere, un conte métaphorique »

September Again

September Again. De ce patronyme émane un souffle léger, une brise fraîche, la fin de l’été et, déjà, l’automne qui tend son visage. Après l’écoute de From Nothing to Nowhere, le dernier-né discographique des Annéciens, subsiste-t-il une impression similaire ? Oui et non, et c’est en cela que réside sa force, cette pluralité dans la continuité. Insistance n’est pas forcément gage d’entêtement, comme un écrit à l’encre rouge qui s’obstinerait à conter la suie de noires intentions. Et lorsque, épique, l’ouragan surgit, il gomme les traces de « sombrosité », éclairant l’horizon d’un unique point dans la grisaille de l’aurore naissante.

En 2017, sur le précédent album éponyme, les musiciens cultivaient déjà cette science du velours et de l’acier, ou lorsqu’un train fou percute la lune.

SEPTEMBER AGAIN – Thank you

La palette du peintre laisse transparaître les couleurs primaires : Paradise Lost, System Of A Down veinés du Showbiz de Muse ou d’OK Computer de Radiohead. Et lorsque, fragile, la voix, subitement, fracasse sa propre essence, Pearl Jam n’est pas si loin. De ces influences anglophones, le groupe français reprend la langue.

Pocket love

Adepte d’un synthétisme organique par le truchement des instruments mis en œuvre, September Again lâche des cyborgs sur la plaine, des guerriers à la chair incrustée de kevlar dont la programmation se révèle faillible. IA (Intelligence Artificielle) et Big Data aidant, les mercenaires s’émancipent, reprennent leur indépendance pour créer le terreau propre et fécond qui musicalise From Nothing to Nowhere.

Frôlant l’insolence, défiant les Dieux, September Again élabore une saison entre sécheresse et givre, aux couleurs du désert, bateau ivre aux confins des Abers. Dix titres pour exposer une vision, un vouloir sonner, une volupté.

SEPTEMBER AGAIN – From nothing to nowhere (Full album – Titre par titre)

Finalement, et si le groupe, SA : « Son Altesse », inconsciemment et souverain, rêvait de construire un royaume par-delà l’horizon formaté, ces genres musicaux asséchant les psychés ? « De rien à nulle part », signifierait assouvir le désir des autres en passant par le sien. Maîtriser son langage pour mieux communiquer. Ainsi, n’ayant rien à prouver, resterait le plaisir de l’écoute. A n’en pas douter, de ce point de vue-là, voyager sur From Nothing to Nowhere attise la soif, la vitalité. Ou comment soigner la gangrène qui surit le présent.

Thierry Dauge