Giorgio MORODER – Le sorcier Disco

0
178

Giorgio MORODER – Le sorcier Disco

Giorgio Moroder

Le genèse

Un italien qui réussit aux Etats Unis ? Encore un coup de la Pieuvre Noire, la Mafia. Même pas ! Cet homme doit tout à son unique volonté d’y parvenir, d’y « arriver ». Comme beaucoup dans son cas, et nous dissertions de Kim Fowley il y a peu, sa formation musicale relève de l’autodidactie, avec une première approche à la guitare. Pourtant, c’est à la basse qu’on le retrouve au tout début des années 60’s, dans le Sud de la France et en compagnie d’une bande de potes musiciens. Avec eux, il assure la Backing Band de Johnny Hallyday à l’Alcazar de Marseille, après la sortie de « Souvenir, souvenir », en 1960. Mais Giorgio en veut plus. De connaissances en collaborations musicales, il finit par sortir un 45 tours en anglais qui devient disque d’or en 1969 : « Looky looky ».

Giorgio MORODER – Looky looky

A partir de là, il opte pour la production, s’installe à Munich et côtoie le « gratin », les Bowie, Mercury, Elton John, Debbie Harry … mais n’allons pas trop vite.

L’avènement

La formule de Mister Moroder consiste à cibler l’intersection musicale entre Marc Cerrone Give me love » – 1977) et VangelisTubular bells » – 1973), et c’est avec Donna Summer qu’il atteint le haut de la pyramide. Les Charts du Monde entier succombent, et à trois reprises ! « Love to love you baby » (1975), « I feel love » (1977) et « Hot stuff » (1979) font sa renommée, sa couronne de platine et d’argent. Mais parce qu’il sait que tout miser sur un seul et même « cheval » est risqué, au passage, il offre « Call me » à Blondie. A Debbie les paroles, à lui la musique, au groupe l’interprétation.

Donna SUMMER – Love to love you baby

BLONDIE – Call me

« Call me » est intégré à la BO d’American Gigolo, un film de Paul Schrader avec Richard Gere (1980). Dans ce genre, les bandes originales de longs métrages, il fait des merveilles. Jugez du peu, il accroche Midnight Express (Alan Parker – 1978), Scarface (Brian de Palma – 1983), Flashdance (Adrian Lyne – 1983) et Top Gun (Tony Scott – 1986) à son palmarès. Il décroche surtout des N°1 avec, dans l’ordre : « The chase », « What a feeling » et « Take my breath away ». Pour Scarface, il compose une nouvelle fois avec Debbie Harry, « Rush rush », mais le titre ne « décollera » pas.

BO FLASHDANCE – What a feeling

BO MIDNIGHT EXPRESS – The chase

Pour l’Artiste, les années 80’s sont comme un écrin miraculeux. Il y devient le gros-lot d’une tombola permanente, s’y aurifie. Juste avant de tourner Midas, il participe à la transformation de Sparks, faisant passer les Frères Mael de la magnificence pop rock glam à la dance music : N°1 in Heaven (1979). « Youpi ! » pour les nouveaux adeptes, « Beurk … » pour les anciens.

Les 80’s, donc, pour un défi unique et flamboyant (une hérésie pour certains), musicaliser le Metropolis de Fritz Lang (1927-1984). En même temps qu’une colorisation, le Chef d’Œuvre hérite d’une bande son Disco. Pour cela, GM fait appel à des interprètes prestigieux dont Freddie Mercury, Pat Benatar, Jon Anderson (Yes), Bonnie Tyler, Billy Squier, Adam Ant (Adam & The Ants) et … lui-même.

BO Disco METROPOLIS / Freddie MERCURY – Love kills

Comme pour Sparks, on applaudit ou on pleure …

Aujourd’hui

En 2013, sur l’album Random Access Memories, Daft Punk offre une plage d’expression à la Légende : « Giorgio by Moroder ». Et voilà qu’à 73 ans, le sorcier du disco reprend du service, racontant son parcours intersidéral en un peu moins de dix minutes. En 2014, Coldplay se l’offre pour remixer « Midnight », un des titres de Ghost stories, son nouvel Lp. Le 11 juillet 2016, le vieux sorcier conquiert l’Olympia. Unique concert pour le DJ le plus branché de la planète … et le plus vieux.

DAFT PUNK – Giorgio by Moroder

Le 26 avril dernier, le producteur / Compositeur / Interprète fêtait ses 80 printemps. Vous savez quoi ? Ce n’est pas un Covid, tout 19 qu’il soit, qui aura le cuir de cet homme-là.

Thierry Dauge

Article précédentResurrection Song de Teodoro Gilabert
Article suivantSyd Chely – I 6 U
Thierry Dauge
Vendeur d’accessoires automobiles sur les marchés, contrôleur de fabrication, fraiseur, délégué commercial, infirmier, cadre de santé formateur, enseignant en IUT … à suivre. Amoureux des 70’s et du hard rock en particulier. Chroniqueur sur Culturesco par amour de l’écriture musicale, serviteur du rock sous toutes ses formes, même en français : «Certaines addictions se doivent d’être cultivées».