BACK ROADS – « II » : Monstrueux !!!

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BACK ROADS – La raclée !

Back Roads

En matière de Hard Rock dit « traditionnel », « Back Roads II » contient ce qui s’est fait de mieux cette année. « Mais il est sorti en 2017 ! », s’empresse-t-on de corriger ! Les albums mettent parfois du temps à parvenir aux oreilles du plus grand nombre. En tout cas, avec celui-là, que ce soit en 2017 ou 2019, la concurrence prend la raclée !

BACK ROADS – Frenetic traffic

A milieu des 2010’s, des combos anglais/US montrent la voie : Inglorious avec son 1er excellent Lp éponyme (2016) ou Scorpions Child avec « Acid roulette » (2016), son second essai hard rock et psyché. Avec ces deux missiles, c’est peu dire que le niveau est élevé ! Pourtant, dès 2014, les lyonnais de Back Roads assaisonnent le genre, plante leur tente en plein champs, érige un gratte-ciel musical.

Invisible woman

Les influences tournent autour de Gov’t Mule, HogJaw, des formations de southern heavy rock, un petit côté Led Zeppelin / Black Country Communion en plus. Les castagnes de guitares débordent d’éclats de silex, de ceux fracassés par des Joe Bonamassa, Jimmy Page ou Warren Haynes. En individuelles ou harmonisées, elles transcendent les chansons.

Empreint d’insatiabilité, Back Roads va plus loin que ces illustres contemporains en adoptant sa propre prose musicale.

BACK ROADS – Showcase 2014

Avec « II », le quintette franchit une nouvelle étape. Outre l’adoption d’un son plus tranchant, l’interprétation et le maniement des « outils » montent le thermostat d’un cran.

S’il est des chansons heavy qui supportent un « tchac boum » métronomique, pilonnée au marteau-piqueur, Nicolas Ammollo pratiquent sa batterie sans « pace maker ». Il promeut le trouble du rythme comme mise à feu pour ses collègues. Et tout y passe ! Croches, double-croches, accents, contretemps, syncopes, de la caisse-claire à la moindre cymbale, le matériel crache ses dents ! John Bonham, sors de ce corps !

Duel to the death

Associé à l’incoercible batteur, Franck Mortreux adapte ses quatre cordes aux moindres écarts, encadre toutes les broderies. Parce qu’il exècre les bassistes « petits bras », il érige également une base de lancement à destination des duellistes es soli : Christophe Oliveres et Fabrice Dutour. Ils s’en saisissent, implantent leurs six cordes respectives entre les quatre siennes et lâchent un tourbillon de notes assassines.

BACK ROADS – Dancing with the Devil

Enfin, « last but not least », il y a Sylvaine Deschamps-Garcia au micro. L’écouter relève d’un plaisir épicurien : « Partager l’écoute ? Tu rêves ou quoi ? She’s mine ! ». Son chant en anglais évoque une panthère noire à l’humeur irascible. Elle feule puis rugit au cœur d’un grain soul travaillé heavy. En cela, elle évoque Betty Davis sur « They say I’m different » (1974) ou Lisa Kekaula, la cracheuse de feu des Bellrays.

Ship of fools

Aucune ballade ne figure sur « II ». Faisant fi des goûts ramollos d’un public perverti, Back Roads assume son postulat : « Le pied au plancher ! ». Les titres s’enchaînent, sans temps morts, l’abondance en objectif, avec de tels assemblages de notes qu’il y en a presque trop ! En effet, écouter les dix morceaux d’une traite relève de la saturation auditive ! A l’issue, le silence résonne des éclats déchirés de compositions plurielles. Gourmand, le mélomane fait une pause : trois minutes, puis, avide, réenclenche la touche « Play » du lecteur CD.

BACK ROADS – Trouble hotel

Vous étiez pauvres ? Vous voilà riches ! Riches d’un disque au contenu si musicalement exhaustif qu’il comble à satiété vos espérances. Plus largement, pratiquer Back Roads revient à se « nitroglycériner » les synapses, quelle que soit la route empruntée pour y accéder.

Free fall

S’il persiste en vous un fond de réticence, c’est que l’énergie vous fuit, que l’électricité vous nuit. Pour les autres : écartez vos esgourdes, chaussez vos casques à pointe et cliquez sur les liens. Inlassablement vous en reprendrez le chemin.

Thierry Dauge

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