METALLICA – Master es Metal

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METALLICA – Le Maître des poupées

Metallica

METALLICA : En studio

Master es Metal : « Epoque où la métallurgie tend à prendre la pouvoir. Je suis ? Je suis ? Le milieu des années 80’s ! »

La New Wave Of British Heavy Metal étend son influence à l’ensemble de la planète. Ce n’est pas que le Heavy Metal n’existait pas auparavant mais il s’agissait d’avantage de faits d’arme isolés plutôt que d’un phénomène de masse. Or, lorsque, aux USA, Metallica prend son essor, d’autres groupes surfent la même vague dans le Monde entier. A titre d’exemple, citons Sortilège en France, Loudness au Japon, Iron Maiden en Angleterre, Accept en Allemagne ou Baron Rojo en Espagne. La liste étant bien trop longue pour la dérouler ici, nous ferons face aux injures des lecteurs mécontents : « Et mon Champion alors ? ». Objectif ? Metallica !

METALLICA – Phantom Lord

Peut-on affirmer que Metallica fait partie des initiateurs ? Né sous l’étiquette : « Thrash Metal », répondons par l’affirmative, les quatre musiciens ont activement participé à la propagation du genre. Si « Kill ‘em all » (1983) expose les bases, « Ride the lightning » (1984) introduit la légende. En France, Sam Bernett, journaliste qui vient de créer le Label Bernett Record, signe le groupe, ou comment avoir le « nez creux ». Avec le brûlot « Fight fire with fire » ou la pseudo heavy ballade « Fade to black », c’est la fête sur les platines, « façon puzzle » !!! Cet album choppe à l’entre-jambe, tétanise la concurrence, promeut l’alliage lourd. « L’heavytude » ne suffit plus, elle se métallise.

Fade to black

Changeant la paire en brelan gagnant, « Master of puppets » (1986) parachève le statut iconique du quatuor. Les morceaux pilonnent, l’album cartonne ! « Battery », « Master of puppets » ou « Welcome home (sanitarium) » déflorent l’auditeur tout en allongeant la « sauce ». En effet, la taille des morceaux s’apparente aux steaks dont les vieux dinosaures progressifs aimaient à se goberger. Le punk et ses crachats musicaux : deux minutes chrono, sont passés. Metallica remet au goût du jour la peinture à l’huile mais sans la délayer. Maître joaillier, il l’incruste de ponts et de breaks explosifs.

METALLICA – Master of puppets

Concomitamment à cet avènement musical, des magazines spécialisés voient le jour : Hard Rock Magazine, Enfer Magazine, Metal Attack … des nouvelles pages qui supplantent les Best et Rock & Folk d’antan. Qui sert l’autre ? Les groupes ont-ils motivé la naissance des magazines ? Les magazines ont-ils affûté l’appétence du public à l’égard des groupes ? La première … puis la seconde.

En 1988, Metallica bascule du côté obscur du Metal Progressif. « … and justice for all » paraît sous la forme d’un double Lp, seul, format susceptible de supporter le poids des titres. Comme pour le café, la version « allongée » de l’expresso perd de sa force, de son « corsé », l’ennui guette au coin des chansons et de leurs dix minutes surchargées de riffs. Même les musiciens se lassent de les jouer ! Seule solution : revenir aux fondamentaux.

Enter sandman

Le « black album », sobrement intitulé « Metallica » (1991), est le « Back in black » du groupe. Les rythmes de batterie sont martiaux, sans une once de graisse, les deux guitares « bourrinent » des rythmiques au carénage lesté de plomb, les mélodies décollent le cérumen. Metallica aurait voulu toucher un plus large public qu’il ne s’y serait pas pris autrement : trente millions d’exemplaires écoulés ! Au son : Bob Rock, un maître es heavy rock. En 1989, il produit « Dr Feelgood » (1989) de Mötley Crüe et « Sonic temple » de The Cult, des TGV. Ainsi vêtu, Metallica « pistolérise » l’auditoire. Pourtant, sans que les boys le sachent, il s’agit de leur chant du cygne …

METALLICA – Sad but true

« Retour vers le future » ! Avoir la possibilité de visiter live le Metallica versus Metal maniac et celui du « compromis » en séduirait plus d’un. Puisque la DeLorean nous est offerte, prenons l’autoroute du continuum espace-temps !

En concert

Metallica

Le 6 février 1987, au Zénith de Paris, le public est essentiellement constitué de Heavy Metal Kids et de Hard Rockeurs. La moyenne d’âge tourne autour des 18 ans et les blousons en jeans sont cousus de patchs : Iron Maiden, Saxon, Judas Priest et … Metallica. Le 10 novembre 1992, au POPB, il y a plus de blousons en cuir que de jeans. La moyenne d’âge s’est lestée et frôle les 25 printemps. Pour les musiciens, il en va de même : post ado en 87, « gaillards » en 92. Un autre qui s’est « lesté », c’est le prix des places. Il passe de 95 à 150 francs ! L’inflation mon bon Monsieur ! Et puis Bercy se loue plus cher que le Zénith. Pourtant, le son est moins bon : « Va comprendre ! ».

METALLICA – Battery (live 1989)

Whiplash (live 1992)

Côté musique : une tuerie ! Les cinq années écoulées n’ont pas eu de prise. Tout juste la vitesse des morceaux prend-elle un coup de frein lorsqu’il s’agit des titres du « Black album ». Mais comme le groupe assure pleinement sa paternité en piochant des munitions dans tous ses Lps, la sono bouillonne ! James Hetfield a certainement la plus extraordinaire main droite qu’un guitariste puisse rêver. Il assure un staccato d’enfer ! Ses partners in crime suivent le mouvement, comme un seul homme.

Assister à un concert de Metallica, c’est plonger dans l’acier en fusion, tourner sidérurgiste … ou épouser le Sombre. Leur surnom : The four horsemen, a pour origine une de leurs chansons. Elle les caractérise à merveille : les quatre cavaliers de l’apocalypse !

METALLICA – The four horsemen (live 2018)

Alors, par pitié, arrêtons de cracher sur le groupe parce qu’il n’arrive plus à se renouveler. Le lègue est monumental ! Plutôt que râler, applaudissons, louons, reconnaissons ! Metallica, dans un pays imaginaire où le Metal ferait Foi, ce serait le roi.

Thierry Dauge