Héritage de JOHN LENNON : Tout pour YOKO ONO

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L’héritage de John Lennon : son testament était d’une simplicité désarmante

Daniel Lesueur raconte lennon
relatée sur FRANCE INTER

Héritage de JOHN LENNON : « Tout pour Yoko »

John Lennon mourut satisfait! Fin novembre 1980, son album avec Yoko, Double Fantasy, était entré d’emblée à la 25e place des classements du Billboard et du Cashbox. Correct sans être génial, l’album ne serait sans doute pas parvenu à la première place sans un petit coup de gâchette.

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Une véritable Lennonmania déferla sur le monde. Son dernier disque voit ses ventes boostées par son assassinat. Dans la foulée, EMI réédite à qui mieux mieux (les charts britanniques de janvier 1981 sont éloquents : n°1 : Imagine… n° 2 : Happy Xmas… n° 5 : Starting Over… n° 6 : Woman). À cet instant précis, le testament de John est d’une inestimable valeur. Eh bien, tout ira à Yoko. Et qu’elle se débrouille avec !

À la mort de John, le patrimoine du couple était estimé à 125 millions de dollars… somme à laquelle il fallait ajouter divers immeubles et appartements à New York, la confortable propriété de Palm Beach, celle de Long Island, etc. Yoko, qui hérite des droits d’auteur de son mari (en solo, et un quart de ceux des Beatles) perçoit régulièrement des sommes monstrueuses (un homme d’affaire américain estimait à 200 000 dollars l’accroissement journalier de sa fortune).

« La vie commence à quarante ans », avait déclaré John Lennon

D’une longueur raisonnable, le testament de Lennon est, dans une certaine mesure, bâclé. Et c’est bien ! Lennon ne semble pas penser à la mort. Ou alors il s’en fout. Ou, plus exactement, semble-t-il se soucier comme d’une guigne de ce qu’il adviendra après. Au point même de ne pas spécifier ce qu’il souhaite qu’il advienne de son corps (c’est Yoko qui prendra la décision de le faire incinérer).

Rédiger son testament est pour John Lennon une simple formalité

Il avait déclaré « la vie commence à quarante ans » quelques semaines avant d’être abattu. Lennon n’est ni déprimé, ni suicidaire. Il est si souvent passé très près de la mort qu’il connaît la valeur de la vie. Oublions les bagarres à Liverpool ou à Hambourg, tout cela est déjà fort loin. Mais rappelons-nous les menaces de mort proférées, entre autres, par le Ku-Klux-Klan qui promettait une nouvelle Guerre Sainte en août 1966, lorsque Lennon avait déclaré publiquement que les Beatles étaient plus célèbres que le Christ.

En Afrique du Sud, les disques des Beatles furent interdits à la vente (après la séparation du groupe, les œuvres solo de Paul, George et Ringo trouvèrent place dans les bacs des disquaires, mais pas celles de John). Et puis, surtout, il y eut « l’incident » de Manille, avec ses collègues Beatles, en juillet 1966. Cet atroce souvenir des Philippines a pesé lourd dans leur décision de cesser les tournées.

Quatre ans plus tard…

Lors de sa conférence de presse à Toronto, John précise que, malgré son engagement pour toute œuvre humanitaire, il ne se rendra, ni au Biafra, ni au Vietnam, car le risque est trop grand de s’y faire descendre :

«On n’a pas spécialement envie d’être des saints morts ou des martyrs».

John jouit donc d’un solide instinct de conservation, et jamais il n’a dû considérer comme risqué le fait de déambuler librement dans les rues de New York, ce qu’il faisait d’ailleurs fréquemment depuis cinq ans.
John entérine son testament en novembre 1979, un an (presque treize mois, en fait) avant de mourir.

Mais le signataire est un John Lennon très différent de celui de décembre 1980 :

Le premier est un père de famille à la retraite (une retraite, certes, dorée) qui consacre le plus clair de son temps à l’éducation de son fils. L’autre Lennon, celui de fin 1980, est une rock star sur le retour, qui, il y a seulement quelques mois, a ressenti le besoin et l’envie de refaire de la musique… et de reprendre sa place (si on veut bien la lui rendre !) au sommet des charts, comme au bon vieux temps des Beatles.

Nul doute qu’il est un peu jaloux du colossal succès populaire de son ex-siamois. Même s’il n’apprécie guère ce genre de mélodie sirupeuse, il est obligé de reconnaître que Mull Of Kintyre, signé McCartney tout court, s’est sans doute mieux vendu que n’importe quel 45 tours signé Lennon tout court, et peut-être que n’importe quel single signé Lennon-McCartney. Mais en novembre 1979, Lennon semble ignorer jusqu’à l’existence du mot hit-parade. Deux personnes, seulement, comptent pour lui:Yoko et Sean. Les mauvaises langues vont jurer que c’est Yoko qui a insisté pour que John rédige un testament, et, pourquoi pas, comploter avec Chapman.

Pourtant, il n’en est rien! Si John lègue toute sa fortune à Yoko (dans le but qu’elle prenne également soin de Sean), c’est parce qu’il a en elle une absolue confiance. Il refuse catégoriquement de s’intéresser le moins du monde à la gestion de leur incommensurable patrimoine. En léguant tous ses biens à Yoko, John expédie la question. En revanche, son premier mariage avec Cynthia Powell est passé sous silence…

Héritage de JOHN LENNON : l’impasse sur le passé

Que le nom de Cynthia n’apparaisse pas, cela peut se concevoir… Celui de leur fils Julian, moins. Cynthia avait choisi ce prénom pour faire plaisir à John, en souvenir de sa mère Julia, décédée à l’hôpital où naquit Julian cinq ans plus tard.

Ingrats !

À la fin des années 90, aucun des deux fils de John, n’était tendre envers la mémoire de leur père.

«C’était un porc machiste et infidèle», tranchait Sean.

«C’était un sale égoïste qui nous a abandonnés, ma mère et moi», déclarait Julian.

Freud avait déclaré que, pour s’affirmer, les enfants devaient « tuer le père ». Mais un malade s’était acquitté de la tâche à leur place, un triste jour de décembre 1980. Twist and shoot.
Pour en savoir plussur l’Héritage de JOHN LENNON, lire Rock déglingue. Vous trouverez ci-dessous l’intégralité du testament de John Lennon.

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Les 6 pages du testament de John LENNON

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