N’achetez plus de concentré de tomate !

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N’achetez plus de concentré de tomate !

concentré de tomate
concentré de tomate

Les boîtes « made in Italy » viennent de Chine… et c’est du poison !

La mondialisation offre des prix bas, mais les consommateurs ne savent plus où et comment sont produits les aliments qu’ils achètent. Non seulement on bouffe des produits ignobles malgré leur aspect attractif, mais encore cela sert-il à opprimer des peuples tout en nous empoisonnant.

Dans son livre « L’Empire de l’or rouge », Jean-Baptiste Malet lève le voile sur ce qui se trame derrière le business du concentré de tomates. Des champs en Chine où sont cultivées des tomates hybrides, immangeables crues tellement leur peau est épaisse, afin de résister à leur évacuation par camion vers l’usine.

« La Chine, qu’aucune tradition ne lie à la tomate », écrit le site CNCD, « est devenue en quelques années le troisième producteur mondial de fruits transformés (5,1 millions de tonnes) loin derrière les Etats-Unis (11,5 millions), mais à égalité avec l’Italie (5,1 millions) ».

Il peut ainsi être écrit « made in Italy » sur une boîte de concentré de tomates alors que la matière première vient de Chine… car la législation européenne n’impose pas aux industriels d’indiquer le lieu où ont été produites les denrées qu’ils commercialisent.

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L’enquête de Jean-Baptiste Malet montre que la délocalisation de la production a réduit les ouvriers agricoles en quasi esclavage. Que ce soit en Italie où s’échinent, à la journée, des milliers de sans-papiers africains encadrés par des mafias ou dans les champs du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, où des enfants et des prisonniers sont mis au travail par l’armée chinoise qui a transformé des milliers d’hectares en manufacture mondiale du concentré, exportant les barils par millions.

La tomate, fruit gâté (pourri !) du capitalisme

Les mafias prospèrent dans l’industrie alimentaire. Elles y trouvent un moyen de blanchir des fonds et une source de revenus par la traite des saisonniers et la fraude aux étiquettes.
Dans les plantations de Californie, des millions de tonnes de tomates sont compactées dans des usines entièrement robotisées. Et tout ça après que les Italiens aient fait leur beurre il y a plusieurs décennies :

« C’est le miracle de la pizza », écrivait médiapart il y a un an, « la sauce tomate transforme de la pâte à pain en un plat.

L’autre aspect de cette «révolution rouge», c’est son histoire technologique.  Et le rôle qu’a joué la politique de l’«autarcie verte» sous le fascisme italien, marquée par la rationalisation de la culture de la tomate, et une partition entre le nord et le sud de l’Italie. Au sud, les productions destinées aux conserves (tomates entières). Au nord, celles des sauces et des concentrés. La partition demeure aujourd’hui encore. Le fascisme italien a investi énormément dans la recherche agronomique et le conditionnement en conserves, un symbole idéologique d’inspiration futuriste ».

«Les Italiens ont proposé d’installer des usines clés en main, que les Chinois ont remboursées les années suivantes en barils de concentré expédiés vers Naples»

Concentré de tomate :  le «nouvel or rouge»

Dans leur ruée vers le «nouvel or rouge», les Chinois ont construit trop d’usines de traitement. Au point qu’il fallut ensuite raser certaines d’entre elles et multiplier les débouchés pour la pâte en surproduction.

C’est une guerre commerciale sanglante et planétaire qui se livre derrière les bouteilles de ketchup et les conserves de coulis. Et tous les coups semblent permis pour gagner des parts de marché. Couper le nectar rouge avec de la poudre de soja. Écraser le coût de la main-d’œuvre en exploitant la misère. (En Chine comme dans le sud de l’Italie, où les migrants réduits en esclavage assurent la cueillette).  Voire recycler un produit pourri en y ajoutant un colorant rouge. Et bien sûr envoyer le tout en Afrique, continent poubelle du capitalisme.

L’Afrique, qui absorbe un quart des exportations chinoises, reçoit une pâte de seconde qualité, largement coupée d’additifs. Quand le concentré n’est pas tout simplement avarié et impropre à la consommation humaine, comme le journaliste a pu s’en rendre compte dans une usine de conditionnement du Ghana.

Daniel Lesueur