GUNS N’ROSES : rejeton d’Aerosmith et New York Dolls réunis ?

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GUNS N’ROSES – Axl, Slash, Duff, Matt et les autres …

Guns N'Roses

En studio

GUNS N’ROSES : en 1991, avec « Use your illusion » Part I et II, Guns N’ Roses mange la banane par les deux bouts, disproportionne son propos, le rallonge démesurément, boursouflure justifiant presque à elle seule la réussite de la concurrence directe : LA Guns (« Hollywood vampires »), Faster Pussicat (« Wake me when it’s over ») et de … Nirvana qui, concomitamment, « grungise » le microcosme rock. Certes, mais avant cela, il y a eu : « Appetite for destruction » (1987), LA Médaille, L’Epée ! Et puis, suite à une écoute prospective …

GUNS N’ROSES – Appetite for destruction

« Appetite for destruction », douze titres, dix missiles et deux cartouches : carton plein ! Autour de la mi-temps des 80’s, les fans de hard heavy rock metal sont partagés. Où tu es Guns, ou tu es Metallica (« Master of puppets » – 1986), hors de question de se proclamer des deux !

Particularisme franco français, sur le mode Highlander : «Il ne peut y en avoir qu’un!» Quelle crasse, quelle bêtise … Si, ailleurs, des associations permettent de doubler la mise: Dior, Lanvin, on ne voit pas sous quel prétexte on ne pourrait en faire autant musicalement. Surtout que, factuellement, Guns N’Roses cuisine du hard rock pendant que leur compère usine du heavy metal. « C’est bonnet blanc et blanc bonnet ! » ? Pardon ?! Ce serait provoquer une guerre civile que d’affirmer cela !

GUNS N’ROSES – Civil war

Si les Gunners sont hard rock, une comparaison musicale avec Aerosmith et/ou New York Dolls est-elle cohérente ? Si le son a évolué, le rock rugueux d’Aerosmith n’est pas loin et celui des Dolls à proximité. Pour le look, les canons de la mode rock ayant très peu évolué, période punk exceptée, on observe un effet miroir, mélange de froufrous féminins rayés d’oripeaux cuir-assés. Et puis, après avoir repris « Mama kin », les imaginer cisailler les accords de « Personality crisis » aiguise les canines …

Guns N'Roses

Remarque : en 1987, Aerosmith sort « Permanent vacation », l’album qui les ramène dans le peloton de tête. Retour de flamme destiné à relever le défi de cette concurrence en ébullition, notamment celle de Slash’Axel ?

GUNS N’ROSES – Mama kin (live)

Sur « Use your illusion », avec un armement tel : « Don’t cry », November rain » et « Knockin’ on heaven’s door », Guns N’Roses s’attire les quolibets des heavy rockers. Pourtant, il y a des « Coma », des « Back off bitch » ou « Right next door to hell » qui postillonnent salement ! Au final, on en revient à l’avis général : extraire le meilleur des deux Lps pour n’en faire qu’un aurait prolongé l’adhésion qualitative. Pressé à chaud, nous aurions obtenu un onguent au pouvoir aussi envoûtant que celui « d’Appetite ».

GUNS N’ROSES – Right next door to hell

Rien à faire. Axl Rose et « Use your illusion » sont rejetés. En matière de plaisir, il n’est pas nécessaire de se « forcer » … ni de polémiquer. D’ailleurs, ça tombe bien, le groupe est en tournée mondiale pour promouvoir ses deux doubles. Comme toujours, le vécu live servira de juge de paix.

En concert

Guns N'Roses

Deux concerts à un peu plus d’un an d’intervalle nous permettent de juger de la qualité des chansons servies dans « Use your illusion I & II ».

En premier lieu, abordons le show donné à l’Hippodrome de Vincennes (juin 92). Explorons son côté « foire à la reprise ». Même partiellement interprétées, on retrouve des choses assez « uniques » ! Le slow de Black Sabbath : « It’s alright », « Wild horses » des Stones, « Live and let die » de Wings, « Voodoo chile » d’Hendrix, « Mother » du Floyd, « Knockin’ on heaven’s door » de Dylan et une incongruité : « Sail away sweet sister » de Queen. Plus fort encore, des reprises avec les interprètes originaux ! « Always on the run » de et avec Lenny Kravitz puis les Toxic Twins, Tyler/Perry themselves pour le susnommé « Mama kin » et la reprise d’une reprise : « Train kept a rollin’ ». Rien qu’avec ça, le public a déjà de quoi être comblé.

GUNS N’ROSES – Live and let die (live)

Au commencement était Soundgarden et Faith No More : concert de folie !

Et puis les Guns lâchent leur propre répertoire. A parts égales, les trois « seuls » Lps du groupe sont visités. De « Welcome to the jungle » à « You could be mine », c’est quasiment un sans fautes. En fait, le seul défaut, accroc dans la cuirasse, ne vient pas du groupe mais d’une prestation en plein air : pas facile de capter continument le public, surtout lorsque le vent s’en mêle, provoquant des variations de puissance sonore. Ajouter à cela des entre-deux parfois un peu long via des soliloques d’Axl et … Broutilles ! Ce concert fut dantesque !

Double talkin’ jive (live)

Un an après, en juillet 93, Bercy reçoit la troupe. Ce coup-ci, c’est Suicidal Tendencies puis le Brian May Band qui ouvrent les hostilités. Les Gunners n’ont peur de rien ! May viendra doubler les guitares sur « Knockin’ on heaven’s door ». La set list est, à peu de choses près, la même qu’en 92. Ce qui diffère, c’est l’impression de puissance délivrée par le groupe. On eut pu les croire lassés par une année sur la route, et bien il n’en est rien, au contraire ! La salle est tabassée, concassée, mixée, torréfiée et … ébahie. Un concert comme celui-ci restera longtemps gravé dans les mémoires et les oreilles. Du Rock-arburant pour toute une vie !

 Welcome to the jungle (live)

Faute de goût, Rose exhibe un affreux tee shirt à l’effigie de Charles Manson, ou comment générer des effluves nauséeuses : Provoc’ rock attitude ! Axl sera toujours Axl, avec ses travers et … sa voix parfois qualifiée de cri d’animal égorgé (!). Chacun son avis. En tous cas, ces deux prestations prouvent sans conteste que, live, Guns N’Roses assure ! Et méchamment !

Qu’en est-il en 2019 ? Un disque nous est promis … et une tournée ?

Thierry Dauge