Suzi Quatro -The girl from Detroit City

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Suzi Quatro – Your mama won’t like her

suzi quatro

Suzi Quatro émerge sur la scène anglaise au moment où le glam rock prend son plein essor. En provenance des Etats Unis, elle va truster les charts UK en plein 70’s puis retourner au pays gratifier quelques sitcoms de sa présence. Ça, c’est le raccourci «brève de comptoir» d’une vie en cuir. Mais qu’en était-il des intentions de cette sylphide du rock avant que les loups du show-business ne la croquent?

Doute: s’est-elle réellement fait «croquer» par qui que ce soit ou bien est-ce elle qui, sous couvert d’un profil angélique, à disposé de ces hommes médiatiques? C’est à voir, c’est à lire…

Elle s’engage en musique dès 1964, à 14 ans, dans un Girl’s Band dirigé par la plus âgée de ses sœurs (17 ans!): The Pleasure Seekers. En ces années-là, l’Amérique «profile» les femmes, leur proposant plutôt cuisine et fer à repasser en attendant le «faire» des enfants. Du coup, le groupe végète sans atteindre autre chose que les cabarets de leur ville d’origine – Détroit – Michigan. Tiens donc, le Michigan! The Stooges (Ann Arbor), MC5 (Lincoln Park), voilà un Etat qui a de la ressource. Et puis Détroit : The Frost, Ted Nugent, une mine! Mickie Most, producteur anglais venu «épauler» Jeff Beck au pays du Burger, voit sur scène cette furie à peine plus haute que la basse qu’elle pratique. Déclic ! Un tour d’avion et le futur musical de Suzi Quatro prend de la hauteur sous le ciel gris de la verte Albion.

En 1973, entre David «Aladdin sane» Bowie et «T Rex – Tank» Marc Bolan, Suzi Quatro sort le single Can the can. Un 45 tours qui va provoquer l’engouement, allant, par delà l’Atlantique, jusqu’à surfer les ondes françaises!

Suzi Quatro – Can The Can

Miss Quatro devient alors l’équivalent féminin d’un Slade ou d’un The Sweet, dont ils partagent d’ailleurs le même compositeur/producteur: Mike Chapman, le faiseur de carrières. Deux ans plus tard, le glam perdant de son « étincelance », elle adopte un ton différent, versus funk rock, sur le plus réussi de ses enregistrements: Your mama won’t like me (1975).

Suzi Quatro – Your Mamma Won’t Like Me

Et puis, les modes passent et Suzi aussi. On la voit au côté de Fonzy et Richie Cunningham dans quelques épisode de Happy Days et, vue d’ici, c’est à peu près tout. Pourtant, à 68 ans, elle continue de donner des concerts, moulinant inlassablement ses «cartons» d’antan.

Alors, Suzi Quatro était-elle faite de cuir ou de skaï? De cuir, assurément! Elle a permis à des groupes comme The Runaways d’exister, Joan Jett allant jusqu’à revêtir les mêmes oripeaux de cuir noir. Un peu plus tard, Girlschool, et toutes les riot girls de la terre, lui devront peut-être aussi un petit quelque chose. En tous cas, des tornades comme celle-là, tant que la météo nous en servira: PJ Harvey, Anna Calvi… On en fera des otites … avec joie!

Thierry DaugeCulturesCo