Les Boums… Les Slows II

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Les Boums… Les Slows II

Les boums, les slows II

Dans les boums des années 70, outre ce moment surnaturel où les « filles » invitaient les « garçons » à danser, c’était généralement le contraire qui se passait. Seulement voilà, les séducteurs en devenir, duvet sur le menton, acné sur le front, relevaient plutôt du bigorneau que du métrosexuel.

Suants dans leurs Clarks ou leurs Stan Smith – pas encore devenues hors de prix – ils bafouillaient leur texte pourtant savamment préparé pour l’occasion : « Heueueu… Tu danses ? ». Un « oui », les faisait défaillir, un « non » blêmir. Et même s’ils parvenaient à danser, préoccupés à l’idée de « durcir », certains écoutaient davantage la musique qu’ils n’enlaçaient leurs partenaires. Quoi qu’il en soit, les 45-Tours empilés sur le « chargeur » finissaient en sandwich sur le plateau du tourne-disque ; des singles dorés sur tranche !

Depuis son fief du Bronx, Billy Joel, celui qu’on apparente souvent à un italo américain, sans doute à cause de la photo au dos de son sixième LP – The Stranger (1977) – confirme tout le bien musical qu’on pense de lui. Après « Just The Way You Are », l’Elton John américain envoie une ballade à faire fondre un iceberg. Le changement climatique est en marche…

« Honesty is such a lonely word, everyone is so untrue. Honesty is hardly ever heard, and mostly what I need from you » (1978)

Billy JOEL – Honesty

Sept musiciens, avec cuivres et trompette, pratiquant un jazz rock / soft rock made in U.S.A., sortent du bois l’année de la première canicule. L’intégrité musicale, c’est bien, le succès grand public, c’est mieux. Alors, pourquoi ne pas composer un hymne à la gloire des amoureux délaissés ? « Si tu me quittes maintenant, que vais-je devenir ? ». Millionnaire.

« If you leave me now, you’ll take away the biggest part of me. Ooh-ooh-hoo, no baby, please don’t go » (1976)

CHICAGO – If You Leave Me Now 

Un qui manie sa guitare comme une arme de séduction massive, c’est Carlos Santana. Mêlant exotisme afro-cubain et rock, il conquiert des parts de marché avec pugnacité. À la mi-temps des 70’s, déjà bien installé, il se questionne sur la marche à suivre pour continuer à grimper. La concurrence fait dans le slow ? Malin, il se dit que les paroles ne servent à rien. Loin de s’emmêler, le sang mêlé vise le centre de la cible et récolte la mise.

« Tin tin lin tin lin, tin tin lininininin… » (1976)

SANTANA – Europa

En 1970, « Your Song » fait chavirer les cœurs. Suivant son extravagant bonhomme de chemin, Elton John gagne en plumes ce qu’il perd en toison capillaire. Ses lunettes s’agrandissent en même temps que sa popularité. Loin de s’en contenter, il devient l’épitomé d’un homme libéré qu’aucune bizarrerie vestimentaire n’arrête. Cependant, il sait que c’est auprès du public féminin que réside son gagne-pain. Alors, homosexualité sous-jacent revendiquée, il leur explique combien il est difficile de s’excuser. Et ça marche !

« It’s sad, so sad, it’s a sad, sad situation, and it’s gettin’ more and more absurd. It’s sad, so sad, why can’t we talk it over ? Oh, it seems to me that sorry seems to be the hardest word » (1976)

Elton JOHN – Sorry Seems To Be The Hardest Word 

Des qui revendiquent leur rudesse, ce sont bien les Rolling Stones. Les Beatles sont des lopettes ! « Pleurer ? Tu me demandes si je pleure ? En fait, tu me traites d’imbécile ? C’est ça ? Tu me traites d’imbécile ?! ». C’est au cœur de l’album Black and Blue, première prestation de Ron Wood avec les Pierres, qu’est niché « Fool To Cry », chanson qualifiée de « gnangnan », terrible slow pour grimper au rideau. En 1973, les Stones nous avaient déjà fait le coup avec « Angie ». Sans conteste, trois ans plus tard, ils doublent la mise.

« Ooh, daddy you’re a fool to cry, you’re a fool to cry and it makes me wonder why » (1976)

The ROLLING STONES – Fool To Cry

L’Hôtel de la Plage, en voilà un film de vacances qu’il donne envie de flâner ! Quelque part entre le film d’adultes adultères et l’épopée concupiscente d’adolescents fleurissants, la Bretagne de Locquirec, ville des Côtes d’Armor où se situe l’action, flamboie de tous ses atours. On confie à Mort Shuman le rôle d’ambiancer la pellicule, de composer la chanson titre qui musicalisera l’été. Mort qui ? Béotien ! Un type qui a écrit « Viva Las Vegas » et « Suspicion » pour Elvis, résident du Brill Building, véritable usine à hit single des années 60 pour tous les artistes pop du moment ! En France, il assène « Le Lac Majeur » en 1972 et, donc, pour ce film un peu « léger » à destination familiale, « Un été de porcelaine ». Dans le garage où se déroule la boum, le « bigorneau » rêve qu’il tient dans ses bras Anne Parillaud ou Sophie Barjac. Et que la monte sève…

« Un été de porcelaine, un cœur pour la première fois, qui chavire et se déchaîne et balbutie ses premiers pas » (1975)

Mort SHUMAN – Un été de porcelaine 

On écoute ces slows, on ferme les yeux, et que s’envolent les années… vers le passé.

Thierry Dauge

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