RUSH – Canada Dry

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La culture se partage !

RUSH – Canada Dry

Rush

La première livraison discographique de Rush, groupe canadien ayant influencé des formations comme le Pat Travers Band ou Triumph, sort en 1974. Pour pallier au désintérêt des « Majors », ce disque « canada dry », sec comme une volée de bois de caribou dans les « gosses » (CF en québécois), est tout d’abord publié sur le Label Moon Records, crée par les musiciens eux-mêmes. Très vite, Mercury Records entrevoit le sirop d’érable à récolter. Il récupère et réédite l’album sous sa bannière. En 2021, une copie « Mint » du pressage original de la Lune atteint des sommets de spéculation. Au bas mot, les 1500 euros !

Rush

La musique à l’œuvre s’apparente au hard rock. Sur « Finding My Way », qui ouvre les z’ébats z’heavy, le riff d’intro tricoté par Alex Lifeson déchausse les quenottes, avec quelque chose de « Celebration Day » du Zeppelin dans les pelotes. Geddy Lee débobine alors sa voix au timbre si particulier. Mais lorsqu’il appelle au loup : « Ouh Yeh ! », on croirait entendre Robert Plant ! Rush, sous l’influence du Dirigeable ? Tout de suite après, le son et les accords évoquent … The Who !

RUSH – Finding My Way

Sur le deuxième titre, « Need Some Love », un doigt de « Sweet Home Alabama » vient se glisser entre les cordes. Rush, North southern rock ? « Take A Friend » marie les deux : Led Skynyrd à l’horizon ! Et puis « Here Again » ramène la musique au sortir des racines ; le blues.

Certes, la saturation gavée de Flanger accouchée du Marshall sonne davantage Johnny Winter, et blues « blanc », que le BB King des origines. A noter, « Here Again » dépasse les sept minutes sans pour autant loucher sur le heavy rock progressif que Rush proposera bientôt. Fin de la Face A. On retourne le vinyle ?

Take A Friend

Avec « What You’re Doing », l’encrage des 70’s bave par tous les bouts. Mais ce ne sont pas de vulgaires tâches qu’on entend, plutôt des motifs de Rorschach, dentelés, ciselés, agressifs… « hendrixiens ». Et puis le Sud réapparaît, cadencé par une splendide cloche à vache sur « In The Mood ». Juste après, « Before And After » nous enlace langoureusement, nous entraîne vers une ballade bien pépère lorsqu’un solo meurtrier crucifie la mélodie. Rush, c’est une voix identitaire et un serrurier de l’apocalypse qui, Les Paul turgescente en mains, crochète notre libido versus : « Encore !!! ».

RUSH – What You’re Doing

En bout de piste B figure le morceau qui va propulser Rush vers un ailleurs plus ensoleillé, pas encore au-dessus des nuages, mais plus très éloigné : « Working Man ».

Ça baratte sévère à Toronto. Nos trois Hurons affûtent leurs tomahawks, taillent des scalps dans le cuir des grizzlys, assèchent l’Ontario, génèrent un Mascaret qui remonte jusqu’aux sources du Saint-Laurent. Derrière leurs instruments respectifs, ils le surfent vers la gloire et, sans encore le savoir, plus virulents que ce c… de virus, jusqu’aux années 2020 !

Working Man (live)

S’il n’est pas très représentatif de ce que Rush livrera par la suite, ce premier album éponyme captive celles et ceux qui aiment les remontées de nougat dans les fraises Tagada. « Qui aiment quoi ? » Le heavy rock bien sûr ! Celui qui égorge dans les campagnes les féroces soldats ! Rush : Aux armes, et caetera !

Thierry Dauge

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