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Johan Asherton

Dans la lignée de Leonard Cohen

Johan ASHERTON – Passiontide (teaser)

Johan ASHERTON – Passiontide

Lorsqu’il figurait, SG Gibson et microphone, en leader de The Froggies, groupe de rock / pub rock / swamp rock français ayant œuvré entre 1983 et 1986, Johan Asherton accrochait d’avantages de médiums. Dans Passiontide, sous son nom, sa voix grave et profonde fait vibrer les viscères de qui l’écoute, vibration intime, trouble appartenance : « Elle et il traduisent mes propres sentiments ».

The FROGGIES – Leather and Lace (1985)

Johan ASHERTON – Nightfall

La douceur des interprétations, « Toment » mis à part, titre plus rock, évoque des voix et ambiances féminines diaprées, de celles usitées par Diana Krall et Norah Jones. Ou comment le feutre intimiste du folk invoque celui du jazz.

Johan Asherton

Passiontide est sorti en juin 2020, au cœur d’une tourmente virale à peine atténuée par la douceur de l’été. Noyé dans l’actualité, peux s’en sont sortis. A présent qu’un pâle espoir perce le brouillard médiatisé, un grain de poussière dans un rai de lumière, dressons la stèle gainée de soie bleue où l’enregistrement mérite de trôner. A n’en pas douter, Johan a saupoudré son âme sur les partitions. Son essence intime transparaît et s’élève chaque fois qu’on les joue.

Johan ASHERTON – Closed Doors

Le propos est introspectif, poétique, quasi christique. Pour en exposer le prisme, en livrer les subtiles fragrances, l’auteur / compositeur s’est entouré de nombreux transmetteurs : Banjo, (ne s’agit-il pas d’une mandoline ?), piano, violon, guitare acoustique et électrique, orgue, voix féminine. Usant d’intonations proches d’un Iggy Pop ou d’un Lou Reed, sans que Nick Drake ne soit loin, il cisèle ses textes. Où Leonard Cohen chantait « Hallelujah », Johan Asherton susurre « Passiontide ».

Passiontide

Sans plus user de métaphores ou de paraphrases, écrivons-le sans fard : Passiontide résonne d’une beauté rare. Même si l’un des titres soupçonne une absence de dialogue : « We Never Spoke », ce ne sont pas les mots qui nous manquent pour qualifier l’engouement dont l’écoute nous anime. Drapé velours et cheveux longs, il ravive les vapeurs évanescentes des années 60 et 70 tout en instillant à notre quotidien le parfum des 2020.

Johan ASHERTON – Rainbeaux

Johan Asherton, citoyen français, chante en anglais et sans accent. Qui a dit qu’au pays de Molière les musiciens ne savaient pas « sonner » ? John Lennon : « Le rock français c’est comme le vin anglais ». Peut-être, Mr Lennon, mais la pop teintée de folk ?

Thierry Dauge

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Amoureux des 70’s et du hard rock en particulier, Thierry Dauge est chroniqueur sur Culturesco par amour de l’écriture musicale. Co-auteur du livre"Pop rock - Les instruments de l'ombre" aux éditions du Camion Blanc, collaborateur de Vivi pour "Mes Années Trust", parce que le rock est loin d'être mort ...