AC/DC et Joy Division : Pop and Rock around 1980

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Pop and Rock around 1980

Pop and Rock around 1980

Juillet 1980

Une première pour l’un, une dernière pour l’autre. AC/DC, premier disque sans Bon Scott, Joy Division, dernier disque avec Ian Curtis. En juillet 1980, ces deux albums militent en faveur du noir et blanc. Ça, c’est pour les pochettes, parce que côté musique, il s’agit plutôt de feux d’artifices ! Qu’on aspire à écouter du hard rock ou de la new wave post punk, ou les deux, qu’on aime l’odeur de la cordite dans un étui métallique ou celle du salpêtre sur des murs noircis par la suie, Back in black et Closer collent aux tympans.

AC/DC – Back in black

JOY DIVISION – Heart and soul

AC/DC prend un nouveau départ alors que Joy Division disparait. Il renaîtra sous un autre nom : New Order, plus tard. Pour l’heure, le chant sépulcral de Curtis hante le fond du sillon d’un bout à l’autre de Closer. En face, Brian Johnson sur aiguise les aigus d’une partition qui regrettera toujours son ancien tortionnaire. Mais la vie compte sur la mort pour qu’on la trouve belle, conquise sous les touches d’un clavier de synthé comme entre les cordes torsadées de bronze phosphoreux.

Dans l’actualité, la poésie peine à émerger. Entre la guerre Iran / Irak qui démarre, Reagan, élu, qui se marre et le fou qui assassine Lennon, il n’y a pas de quoi jubiler. Par chance, d’autres artistes viennent rejoindre nos deux étendards sur les platines : The river – Bruce Springsteen, Remain in light – Talking Heads, The Pretenders – album éponyme, Renaud – Marche à l’ombre ou Trust – Répression. Tous les goûts sont dans le vinyle.

JOY DIVISION – The eternal

AC/DC – What do you do for money honey

Joy Division passe à la noirceur du gothisme ses expérimentations mélodiques, tant et si bien qu’elles desquament, exhalant des fragrances souffreteuses qui empuantissent leur propre avenir : le désespoir. Lorsque l’âme descend si bas que d’avantage serait tomber, le coup de talon salvateur des australo/écossais piétine les notes mineures qui, d’un même élan, grandissent vers une majorité plus clinquante. Le pied s’agite en rythme, le cou oscille d’avant en arrière, la main gauche attrape le néant pendant que la droite vient scalper l’abdomen. AC/DC, le remède à tous les problèmes.

Pop and Rock around 1980

Mettre les doigts dans la prise ou dans l’entrebâillement de la porte qui se referme ? Dans les deux cas, réaction garantie ! Au final, AC/DC sort un LP qui siège dans le trio de tête de sa production, Joy Division produit son emblème, le disque qui le caractérise dans l’esprit collectif du microcosme pop/rock.

AC/DC – Shake a leg

JOY DIVISION – A means to an end

Face à l’injonction : « Tu te dois d’être pour l’un ou pour l’autre, ne jamais te reconnaître des deux », où l’interprétation d’une vérité : « Le choix, c’est ce qui différencie l’être humain de l’animal », le rockeur, ce vieil adolescent, refuse de se prononcer.

En ces temps de contamination, sachons ne pas nous priver, vautrons-nous dedans et faisons partager. Ce serait bête, par la suite, de regretter.

Thierry Dauge