MEGADETH – Countdown to extinction

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MEGADETH – Dave « Thrash » Mustaine

Megadeth

Incontestablement, Megadeth est la créature de Dave « thrash » Mustaine, son leader non-charismatique. Tout aussi indéniable, bien qu’on puisse y trouver à redire, le groupe vit son heure de gloire entre 1990 et 1992, période « Rust in peace » (1990) / « Countdown to extinction » (1992). Titre prémonitoire, la suite ne sera qu’un compte à rebours vers l’oubli. Durant ces trois année-là, Megadeth représente la clé de sol du Thrash Metal mélodique.

MEGADETH – Holy wars … The punishment due (1990)

L’histoire est connue. Dave Mustaine se fait éjecter de Metallica avant la sortie de son premier Lp, le célébrissime « Kill ‘em all » (1983). Il forme alors Megadeth, sa « chose », son « bébé », son propre « monstre ». Sur ce postulat, il s’octroie le droit de modifier la composition du groupe selon sa volonté, d’où cette réputation de mauvais coucheur, de teigne, de despote.

Deux albums sortent, respectivement en 1985 et 1986, qui lancent le phénomène Megadeth sur le marché et démocratise le Thrash metal auprès d’un public initialement rock. Ces albums fonctionnent plutôt bien. Les compositions font état d’une batterie de riffs et de ponts inattendus servis en rafales : Iron Maiden passé à la « Metallicamoulinette ».

« So far, so good… so what ! » (1988), affirme la direction musicale, tronçonnage métallique qui fait l’objet d’un nombre croissant d’adeptes. Enfin, le cinquième album : « Rust in peace » (1990), synthèse des précédents essais, vient combler l’espace laissé vide par son concurrent direct : « Thrash world is mine ! »

Tornado of souls

Wellcome en heavy metallie

Lorsqu’on atteint un sommet, le risque est de basculer de l’autre côté … à moins de changer de cap, d’angle d’attaque. C’est le choix que fait Megadeth. Mustaine évince le « thrash » de son métal. Il le veut maintenant « heavy ». Résultat ? « Countdown to extinction », un formidable album de heavy metal.

Megadeth

Les tempos ralentissent, la hargne mute vers une énergie plus souterraine, un travail de plomberie, de quoi passer d’une reconnaissance limitée à celle de l’ensemble du monde métallique. Comme de coutume en ce cas, les fans d’origine boudent, les nouveaux connectés adoubent.

MEGADETH – Countdown to extinction

Sur cet album, à satiété, les guitares déchaînent les nuées ardentes du dieu Vulcain. Épaulé par Marty Friedman, guitariste alliant technique, feeling et mélodie, Mustaine est poussé dans ses retranchements. Tant en rythmique qu’en solo, Dave passe au grade supérieur. Par contre, il n’en va pas de même de sa voix.

Les couinements étranglés qu’il extrait de ses cordes vocales peinent à être qualifiés de « chant ». On se prend alors à rêver de ce qu’aurait pu devenir Megadeth s’il avait été doté d’un « vrai » chanteur. Nul doute qu’il aurait atteint les plus hautes marches du genre, celles occupées par les Iron Maiden ou Judas Priest. Malgré cela, « Countdown to extinction », propulse le groupe dans les oreilles de tout un peuple. Jugez du peu : 2ème des charts US pendant 58 semaines !

Symphony of destruction

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque sort « Youthanasia » (1994). S’il fait le bonheur du public français, grâce au titre « A tout le monde » nanti de francophilie, il est moins élogieusement commenté par les aficionados. C’est que l’orientation musicale se ramollie encore un peu plus. Les voix menues qui s’horripilaient après « Countdown … » prennent de l’ampleur, réclame des têtes. Le temps béni où Megadeth produisait un thrash metal clouté sur cuir, celui de « Rust in peace », est réclamé d’urgence ! La suite ne fera que confirmer l’opprobre. Un ersatz de retour au muscle n’y changera rien.

La musique de studio se jouant assise, la prestation live prônant la verticalité, qu’en fut-il du transfert de ces disques sur les planches ? C’est à voir/écouter …

MEGADETH live

Megadeth

Le 22 septembre 1992, en visite au Zénith de Paris, Megadeth présente une prestation sans fioriture, sans pyrotechnie mais fantastique de musicalité. Du point de vue du son est des chansons, le plaisir est total : débridé. On sort comblé du concert en chérissant l’espoir de le bisser sans trop tarder.

MEGADETH – Hangar 18 (live 1992)

Le 21 avril 1995, rebelote, même endroit. Le scénario ressemble à celui vécu trois ans plus tôt mais les nouveaux morceaux, ceux de « Youthanasia », même s’ils ravissent une partie de l’assistance, cristallise beaucoup moins l’attention. L’impression penche vers le type de prestation « boulot » : « Ça, c’est fait ». Dommage …

Train of consequences

Le 26 février 2008, Elysée Montmartre, puis le 21 mars 2009 en compagnie de Judas Priest au Zénith, c’est … le black-out. Seul souvenir, le co-guitariste de Mustaine, une sorte de corbeau bodybuildé défouraillant des notes en série sur son Ibanez sept cordes : Kiko Loureiro, ex Angra. Le feeling des 90’s a disparu, reste un groupe qui exécute son répertoire. Pour les amateurs de belles « choses », de musique live, de celle qui vous saisit les tripes et vous shoote les neurones, c’est bien peu, c’est « trop » peu.

MEGADETH – Wake up dead (live 2008)

RIP, Megadeth 90’s. Son épitaphe : « Redoutable Impétrant es metal, bien que toujours en activité, appartenant à présent au passé ».

Thierry Dauge