IL ÉTAIT UNE FOIS … un orchestre de variété

0
165

IL ÉTAIT UNE FOIS – 1972/1979

Il était une fois

Dans les années 70, spécialité française, plutôt que parler d’un « groupe », il était plus communément admis de nommer : « Orchestre de variété », ce genre de formation musicale. En la matière, Il Était Une Fois représente l’épitomé du genre de ce que pouvaient être « une réunion d’artistes pratiquant la francophonie au sein d’un même collectif ». Dans cette « niche », on identifie également, par exemple, l’orchestre belge Crazy Horse.

Attention ! En matière de dénomination, il faut différencier ceux-ci des groupes estampillés « rock », des formations comme Variations ou Triangle. Il ne faut pas non plus confondre ces dernières avec les « groupuscules » aux particularismes musicaux marqués, tels que : Magma, Gong, Martin Circus, Ange ou Tri Yann. Et encore ! Où « ranger » des transfuges de l’humour grand public de type Les Charlots ?!

On le voit, classer subjectivement la musique dans des cases, des styles, des catégories ou des genres ne date pas d’aujourd’hui. Que de guerres de « clocher » à l’aune de cette pratique !

Pour Il Était Une Fois : aucune hésitation ! Leur méga hit « de toujours » en est la preuve parfaite. « J’ai encore rêvé d’elle » (1975) : 100% variété !

IL ÉTAIT UNE FOIS – J’ai encore rêvé d’elle

Si le groupe se forme en 1971, c’est en 1972 qu’il produit son premier 45 tours. A son bénéfice, quasi instantanément, « Rien qu’un ciel » devient un succès fracassant. Comme pour la plupart des « tubes » qu’il va produire, la chanson est l’œuvre de Serge Koolenn : guitare, et de Richard Dewitte : batterie/chant, deux anciens musiciens de Michel Polnareff. A cette époque, Serge est déjà un couple avec Joëlle Mogensen, la chanteuse du groupe, une femme made in USA arrivée dans le Sud de la France en 1969.

« Rien qu’un ciel » est une perle de concision, l’association de bons accords placés aux bons endroits sertissant une mélodie imparable : 2’30 de « pop idéale ».

Rien qu’un ciel

A partir de là, usant de la « mécanique des clones », l’usine à tubes se met en marche. Jusqu’en 1975, et le slow meurtrier susnommé, Il Etait Une Fois envoie trois singles tutoyer le sommet des hit-parades : « Que fais-tu ce soir après diner » (1973), « C’était l’année dernière » (1974) et « Viens faire un tour sous la pluie » (1975). Quelques grains de sables viennent alors gripper l’inspiration et il faut attendre 1978, et « Pomme », pour que les foules gisent de nouveau à leur pied. Sept année de bonheur … ou presque. Les dissensions qui agitent le couple Serge/Joëlle s’affirment. Les amants se séparent en 1979 … le groupe n’y survit pas.

IL ÉTAIT UNE FOIS – Rien qu’un ciel

Chacun essai alors de continuer de produire/chanter des chansons de son côté : sans succès.

La magie qui gouverne les choses musicales est versatile, imprévisible et sans pitié. La lumière des projecteurs un jour, celle d’une salle de réanimation hospitalière un autre. Joëlle meurt d’un œdème aigu du poumon en 1982, à 29 ans. Serge, son ex compagnon, la rejoint en 2015, taclé par un cancer. Les autres ? Ils subiront des fortunes diverses, dont des participations aux tournées « Age tendre » pour Richard, l’autre chanteur, qui séjourne pourtant en prison entre deux de ces « événements ».

Il y a fort à parier qu’à la séparation du groupe, tous ses membres aient préféré chanter leur hit de 1974 : « C’était mieux avant ».

C’était l’année dernière

Dans les 70’s, il était une fois un orchestre de variété …

Thierry Dauge