WOLFMOTHER – Heavy psyché rock australien

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2010
La culture se partage !

WOLFMOTHER – Le loup des mers australes

Wolfmother

En studio

Wolfmother nous vient tout droit d’Australie, pays/continent balayé par les ultraviolets. En cause ? Une couche d’ozone distordue par les décibels des formations de rock « énervés » qui y sévissent. Mais le rock australien on connait déjà via tous ces combos made in, ces laboureurs de la planète Rock !

Quelques exemples aux retentissements internationaux : AC/DC, INXS, Midnight Oil, Rose Tatoo, Jet, The Saints, Nick Cave and The Bad Seeds, Men at Work, Radio Birdman … et, plus récemment : Tame Impala ou King Gizzard and The Lizard Wizard. Au moins deux ou trois de ces groupes doivent vous être connus (?), si ce n’est l’ensemble … et bien d’autres ! En 2005, Wolfmother rajoute son nom à la liste avec « Woman » extrait de son premier album éponyme.

WOLFMOTHER – Woman

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Basses et guitares sont chargées de fuzz, la batterie cognant comme le soleil de Tasmanie. L’intention embaume les 70’s, à deux coudées du rock stoner, à une pincée du hard rock originel. Les fringues et les mises en plis suivent le mouvement, aboutissant à une réjouissante boum psychédélique gorgée de testostérone. “Psyché” car le single est trompeur, des envolées instrumentales peinturlurent certains titres sans les étirer jusqu’à plus soif. Malin, Wolfmother séduit ainsi des adeptes avides de « nouveauté » tout autant que des anciens briscards à la poursuite de leur passé. Dans la “concurrence” : The Darkness, Foo Fighters, Queens Of The Stone Age ou System Of A Down, il n’y a rien d’approchant, d’ou l’engouement. Mais il faut savoir durer…

California queen

« Cosmic egg », l’album suivant, ne sort qu’en 2009, quatre ans plus tard. Même si, pendant tout ce temps, le groupe parcoure le globe terrestre pour y distiller sa bonne parole, le temps écoulé entre ses deux Lps est trop long ! Maintenir l’intérêt affûté nécessite d’entretenir la flamme au « jour le jour ». Quatre années … Même si les fans de la première heure sont toujours sur le fil, les fiancées de passage, sollicitées par bien d’autres crocs, se sont dispersées dans le paysage.

Le son de l’album oscille entre un pseudo hommage à Black Sabbath et quelque chose de plus propre, de plus « pop ». On sait ce qu’il en est des mélanges. Sur la durée, ils saoulent. La qualité des compositions a beau être au rendez-vous, le succès public, lui, ne l’est pas. Ainsi voyagent les musiciens qui, parfois, ne savent plus où ils en sont le petit matin venu. Pour Wolfmother, c’est back to Australia.

WOLFMOTHER – In the morning

De doutes en changements de personnel, Andrew Stockdale, âme créatrice de la formation, met cinq années de plus à sortir un nouvel Lp : « New crown » (2014), au titre révélateur sur ses intentions. Même s’il le souhaite, Wolfmother va-t-il parvenir à décrocher une « nouvelle couronne » auprès des heavy metal kids et consort ? Hypothétiquement, il n’y parviendra qu’auprès des siens, à Sydney et ses alentours. Dans un premier temps, uniquement disponible au format mp3, quelques exemplaires finissent par être pressés en vinyles, format qui s’échange à présent au prix du caviar. Le prix en vaut-il la chanson ?

I ain’t got no

Le propos s’est tourné vers le rock, adoptant en cela ce que ses prédécesseurs en genre envoyaient essorer les autres continents. L’attitude est louable, même si, du coup, l’identité initiale s’en trouve partiellement gommée. Qu’importe ! Les morceaux sont raccourcis, tous muscles bandés, prêts à vous sauter à la gorge pour mieux vous saigner. Faisant fi des fioritures, « New crown » est gouleyant, répond à l’attente que tout amateur de rock désire « esgourder » lorsqu’il se met aux platines. La route semble s’éclaircir lorsque 2016 voit sortir « Victorious », le dernier enregistrement en date de Wolfmother. Et … ? Ne jamais crier victoire trop tôt et savoir qu’en matière d’accession à la popularité, rien n’est jamais planifié.

WOLFMOTHER – How many time

Reste alors les prestations vivantes pour prendre une bonne décharge d’électricité : l’allumette pour s’enflammer.

En concert

Wolfmother

Le 25 janvier 2010 donne l’occasion de bronzer au soleil de Wolfmother dans la mythique salle du Bataclan. La couverture de Rock & Folk proposée ci-dessus retranscrit assez fidèlement les sensations ressenties : une coulée de lave en fusion sous des stroboscopes. La fuzz déverse des torrents de larmes venimeuses dans les pavillons auditifs, les racines du hard rock s’enroulent autour des organismes à la recherche d’un passage direct vers l’encéphale.

Love train (live)

Surprise ! Ça groove dans l’overdrive ! Des musiciens additionnels permettent d’apporter des épices et du sucre, saupoudrage de curry « cachemirisant » le rock heavy psyché de « mère louve ». Nonobstant, l’ambiance transpire les héros d’antan, Jimi Hendrix et Randy California en tête de liste, MC5 à l’affût.

WOLFMOTHER – Cosmic egg (live)

Peut-on, prenant ce concert en otage, en tirer un enseignement ? Sans nous gêner, affirmons que rien ne vaut la musique live, et que le rock, ce vieil adolescent, s’y prête admirablement. Wolfmother, sans cloner la foudre ou même fissurer les murs, en donne un parfait exemple, enrichissant d’un souvenir cuisant les amateurs présents. En guise d’accolades, les musiciens distribuant des claques, les rougeurs colorant les joues une fois le trottoir revenu, ne relevaient pas de la colère mais bien du plaisir vécu.

Colossal (live)

Thierry Dauge

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