ACCEPT – Une expression 80’s du Metal allemand

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ACCEPT – … or die

Accept

En studio

Dès le premier morceau de la Face A de « Restless and wild » (1982), quatrième livraison d’Accept, la polémique s’engage. « Heidi, Heido, Heida », qui introduit le titre, est une chanson issue du folklore allemand à laquelle on prête une connotation national socialiste, autant dire « nazi ». Associée au treillis de camouflage adopté comme tenue de scène par Udo Dirkschneider, son chanteur, et le groupe passe pour un suppôt d’extrême droite, un colporteur d’idéologie fasciste.

Qu’en est-il en fait ? En matière de « suppôt », on verse plutôt dans la trace grasse laissée au fond des slips des agitateurs professionnels lorsque leurs sphincters anaux lâchent brutalement sous l’assaut de « Fast as a shark », le véritable premier morceau.

ACCEPT – Fast as a shark

Cette chanson est considérée comme une des premières compositions de « Speed Metal » par une frange de commentateurs spécialisés. En fait, il paraît fort probable qu’elle retranscrive le mariage de ses influences. Il n’est qu’à écouter « Exciter » (1978) de Judas Priest et « Overkill » (1979) de Motörhead pour se rendre compte que ces deux-là ont brisé les chaînes du mid-tempo avant les allemands, et que le mixe des deux titres met à jour l’analogie.

Nonobstant, Accept n’est pas sorti du bois avec cette chanson et cet album. Dès 1981, avec « Breaker », il pose les bases de ses intentions sismiques.

Breaker

Au centre de la bourrasque, ces rythmiques plombées jouées à cordes étouffées par la paume de la main, les solos de Wolf Hoffmann évoquent des lignes de musique médiévale, pizzicati sur les cordes d’un luth, dentelles de ménestrels qui, un jour, évolueront en symphonie. Cette caractéristique apporte une originalité rafraîchissante à ce qui aurait pu être un bouledogue de plus.

ACCEPT – Princess of the dawn

Avec « Balls to the wall » (1983), Accept franchit un cap de plus, orientant son heavy metal vers une « niche » musicale moins extrême. Bien que plus musclé que son compatriote Scorpions, il n’en suit pas moins le même chemin à la recherche d’une reconnaissance plus large. Cependant, il lui laisse les ballades sirupeuses, préférant conserver suffisamment de mordant et de finesse, cette frappe de marteau sur l’enclume, pour sauvegarder ses fans de la première heure.

Balls to the wall

Deux ans plus tard, « Metal heart » (1985) vient confirmer ce semblant de penchant du groupe pour la musique classique. « Semblant » ? Certes l’entrée en matière épique du disque reprend un passage de la « Lettre à élise » de Beethoven mais c’est tout. Le reste du 33 tours envoie des scies circulaires tout juste un fil moins aiguisées que ses précédents outils. Pourtant, les heavy metal kids feront payer au groupe cette goutte d’eau dans son schnaps en le délaissant au profit de chevelus moins lustrés.

ACCEPT – Metal heart

Du coup, des dissensions naissent qui aboutissent à une scission. Le chanteur emblématique à la voix de gargouille rouillée s’en va former un autre combo avec, en résultante, Accept d’un côté et U.D.O de l’autre. Contre toute attente, et avec étonnement, ce dernier emporte avec lui le legs le plus proche des enregistrements historiques.

Reste que, pendant quatre années, Accept live a représenté l’attendu métallique des adeptes assidus.

En concert

Accept

Live, Accept ne redoute rien ni personne. Ni les bucherons d’Exciter qui ouvre pour lui le 14 mars 1985 au Zénith de Paris, ni le hair metal mélodieux de Dokken qui lui rend la pareille le 17 mars 1986 au même endroit. Mars ? Le Dieu romain de la guerre représenterait-il une figure tutélaire pour nos tonitruants teutons ?

Toujours est-il que, telle que présentée sur scène, leur musique rayonne de vivacité, de vitalité. Étrangement, sur ces deux dates, le volume sonore est maîtrisé, favorisant la clarté d’écoute sans pour autant verser dans le pépiement d’oiseau. Comme espéré, les pains dans le museau sont bien au rendez-vous, le plaisir pris à les écouter boostant l’appétit pour quelques gnons supplémentaires.

Neon night (live)

Équivalent vivant d’un Judas Priest, on peut s’étonner que ces deux gamins homicides n’est jamais tourné ensemble. Quelle affiche cela aurait donné ! Déjà, « seul » dans ses chausses cloutées, Accept pourfend l’immobile, chasse la morosité, découpe le scepticisme, heavy métallise la ligne d’horizon. Graal des metal addicts ? A n’en pas douter. Accept … or die, son of a bitch !

ACCEPT – Son of a bitch (live)

Thierry Dauge