The STOOGES : Indissociable d’IGGY POP ?

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The STOOGES – Iggy and The Stooges

The Stooges iggy pop

En studio

The Stooges : un groupe ou le support band d’Iggy Pop ? Well, peut-être à l’entre-deux … D’ailleurs, après deux albums estampillés au nom du groupe, « Raw power » (1973) sort sous le patronyme : Iggy and The Stooges. De quoi sérieusement plomber le moral des trois autres. Même s’ils ne sont plus que deux à l’origine du combo, James Williamson fait quand même partie du cirque Stooges depuis 1970. Histoire d’enfoncer le clou, au moment où sort « Raw Power », l’Iguane trône en figure centrale de la pochette. On a connu des égos fracassés pour moins !

Iggy and The STOOGES – Search and destroy

Démocratisation des smartphones aidant, pour le cas où vous auriez vécu ces trente dernières années dans une grotte annihilant tout espoir de connexion, alors, peut-être vous sera-t-il pardonné de ne pas connaître et/ou n’avoir jamais entendu The Stooges. Ils y en a qui tachycardent pour « Bette Davis eyes », d’autres pour « TV eye », juste une question d’approche musicale.

Pour les troglodytes, donc, The Stooges visitent les hautes sphères d’un heavy rock psychédélique et proto punk. En cela, ils ne différent pas foncièrement d’un groupe comme MC5, l’engagement politique en moins, les prestations animées d’Iggy en plus. Ou comment, quel que soit le bout par lequel on saisit la légende, le front man focalise l’intérêt, épicentre du phénomène. Les Stooges sans les frères Asheton ? Il n’est qu’à se référer aux dernières sorties du groupe. The Stooges sans Iggy ? « Wha’ tha’ fouck ‘bout ???!!! » CQFD.

The STOOGES – TV eye

Sorti en 2007, « The Weirdness » n’apporte pas grand-chose de plus au trois premiers Lps, si ce n’est quelques titres supplémentaires à mouliner live. Musicalement, ce qui diffère foncièrement du reste de la production Stooges se trouve dans la carrière solo d’Iggy.

Trollin’

« The idiot » (1977), puis « Lust for life » (1977), apportent une nouvelle crédibilité à un personnage alors usé, dénaturé par l’abus de stupéfiantes substances. Iggy doit cette résurrection à David Bowie, un ami qui l’emporte dans son sidéral voyage berlinois, sa propre ligne de vie. Pour savoir les liens qui les unissaient, il faut attendre … 2016 et « Post pop depression », le dernier album en date de Mr Pop. Pourtant initié par Josh Homme, le maître à penser de Queens Of The Stone Age, les chansons projettent l’image des yeux verrons du King of Pop (en-existe-t-il un autre ?). La voix d’Iggy prend des intonations communes à celle de David. Expérience médiumnique sidérante.

Iggy POP – Gardenia

Mais revenons à ce groupe loué par l’ensemble de la presse spécialisée et par la quasi-totalité des amateurs de rock : The Stooges. Attardons-nous sur les autres membres du quatuor infernal. Pourquoi « infernal » ? Zoom sur Ron Asheton, le six-cordiste. Toutes les photos du début des 70’s le montrent arborant une Croix de Fer, décoration militaire allemande, témoin des sinistres années quarante. Cet ornement associé à quelques clichés glauques « brassardisés » révèlent-ils la face cachée d’un esprit sadique ou relèvent-ils plus simplement de la faute de goût ? Lemmy de Motörhead en portait une également. Or, nul n’a jamais douté de son altruisme, surtout à l’encontre des autres musiciens. Provocation ? Seul Ron le savait.

Son frère, Scott Asheton, batteur, avait la réputation de briser le cercle métallique de sa caisse-claire à trop la battre. Inquiétant ? Tant qu’il s’agit d’une caisse-claire … Quant à Dave Alexander, le premier bassiste, il fut « licencié » pour alcoolisme. Incroyable ! Il eut pris de l’héroïne qu’il siégeait à vie !

The STOOGES – I wanna be your dog

Mais plutôt que d’écrire des pestilences basées sur des « on-dit », quoi de plus juste que d’aller vivre live ce potentiel ouragan ?

En concert

Iggy and the Stooges

Le 6 mai 2006, au Zénith de Paris, les Boys se mettent en jambes à partir de leurs deux premiers Lps, hors de question que Ron Asheton joue des morceaux écrits par James Williamson. « The weirdness », l’enregistrement en devenir, ne sortira qu’en mars 2007. Peut-être le groupe en éructe-t-ils déjà quelques passages mais la mémoire à cela de particulier qu’hors hypnose, elle est sélective. Étrangement, moins en adéquation avec les oreilles qu’avec la vue, elle porte toute son attention sur le garçon de 59 ans qui exhibe publiquement son torse musculeux.

Iggy and the STOOGES – Real cool time / No fun (live)

Pourtant, ses comparses ne déméritent pas, lâchant les chiens, montrant les dents, lacérant les chairs, éviscérant tripes et boyaux. Le son est métallique, heavy à souhait, punk, trash, renferme les tables de la Loi dont tous les groupes « couillus » du milieu des 70’s useront, et longtemps encore après. Nonobstant, quitte à paraître obsessionnel, qu’auraient-ils été sans le virevoltant James Osterberg ? A Band without a face …

Consciencieuse et obstinée, à la recherche de ce qui caractérise le mieux Iggy and The Stooges live, la machine fait marche arrière jusqu’en 1973 où tout était déjà dit, tout était écrit.

Iggy POP – Raw power (live)

Thierry Dauge