EAGLES : 8 juillet 1996 en France, un concert historique !

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EAGLES – « Hotel Californie » for « Desperado » : a « Long road out of Eden »

Eagles

En studio

Fin 1976, le monde n’a que cette chanson en tête. A une époque où le slow ne prend pas encore le nom de balade, « Hotel California » musicalise toutes les pistes de danse. En matière de ventes, si tant est que ce soit un critère de qualité, l’album compte 26 millions d’exemplaires écoulés. Mondialement, s’il est devancé par « Thriller » sur le trône du plus vendu de tous les disques, le Best Of d’Eagles – 1972/1975, le devance aux Etats Unis. En fait, « Hotel California » se situe assez loin derrière des albums comme « Back in black », d’AC/DC ou « The dark side of the moon », de Pink Floyd. Mais, au milieu des 70’s, tutoyant les sommets sur un nuage de coke, victime de l’amour du public à son égard, Eagles passe tout son temps perdu sur la bande radiophonique.

EAGLES – Wasted time

Existe-t-il un groupe plus californien que celui-ci ? Simplement : non. Pourtant, aucun des membres fondateurs n’est originaire de cet état. Comme quoi … Lorsque les garçons se croisent pour la première fois, c’est autour du premier Lp de Linda Ronstadt, ils en sont les musiciens. A l’issue de l’enregistrement, plutôt que de servir de support band à la Belle, ils décident de saisir leur chance. Sage décision lorsqu’on voit ce qu’Eagles est devenu.

Eagles

Étrangement, malgré les innombrables et légendaires studios américains : Record Plant, Electric Lady, Cherokee … ils viennent enregistrer en Angleterre, sous la férule de l’estimé Glyn Johns. Premier essai, première réussite ! La mixture d’Eagles propose du Folk, de la country, du rock et une certaine idée de la pop. La force principale du groupe réside dans ses harmonies vocales, peut-être les plus belles avec celles de Crosby, Stills and Nash. A l’écoute de cette cathédrale, le plomb des vitraux fond sur place.

The last resort

Harmoniser les voix, c’est sympa mais il n’y a pas que ça. Pour la tournée qui précède la sortie d’« Hotel California », les boys enrôlent l’ex leader du James Gang : Joe Walsh, une chance. S’il chante, mêlant sa voix musclée au miel de celles des autres, c’est surtout son formidable maniement de la six cordes, lead ou rythmique, qui fait mouche. Associé à Glenn Frey et Don Felder, voilà un trio de bretteurs capables d’en découdre pendant des heures, de broder des solos et mélodies fleuris au cœur des chansons, ou trancher les silences de leurs notes affûtées.

EAGLES – Hotel California (live)

Faire preuve de lyrisme lorsque ça bastonne et tailler des boutonnières lorsque ça cajole, voilà l’autre atout d’Eagles. Dans « Victim of love », l’ouvrage expose ces atours, griffe et caresse de concert, braque l’auditeur, l’asservit. Il se dit que nos « bronzés » n’ont plus réussi à réitérer par la suite. Lorsqu’on joue « The long run » (1979), quoiqu’en disent ou en écrivent celles et ceux qui cancanent, les stigmates persistent.

Vingt-huit ans plus tard et « Long road out of Eden » dans les bacs (2007), deux vinyles, quatre faces et vingt chansons retrouvent ce niveau d’excellence, ce bonheur. Vingt-huit ans ! Panne d’inspiration ? Bien plus ! Un split aux débuts des 80’s, une reformation autour d’un live « best-of » au milieu des 90’s puis une tournée de deux années entre 1994 à 1996.

Heartache tonight

Deux ans sur la route ? Forcément, ça laisse des traces …

En concert

POPB, le 8 juillet 1996, Eagles foule pour la première et dernière fois (à ce jour) le territoire français. Le genre d’évènement dont on se dit qu’il fallait y être. Ça tombe bien …

Eagles

Deux ans auparavant, le groupe a sorti « Hell freezes over », une sorte de best of agrémenté de quatre nouveaux titres. Pour promouvoir l’album, cette tournée mondiale est mise sur pied qui, allez savoir pourquoi, passe par chez nous. Il faut quand même savoir qu’Eagles est actuellement en Europe (du 30 mai au 8 juillet) pour donner une série de concerts. Plusieurs pays sont visités : Allemagne, Suède, Danemark, Suisse, Hollande, Irlande du Nord et Angleterre. La France ? Ce pays de braillards où l’on détruit et brûle des voitures tous les weekends ? Une autre fois … peut-être …

Eagles

Un seul concert en France depuis 1972 et leur premier album éponyme … Du coup, ce concert à Bercy devient historique !

New kid in town (live)

Quitte à se répéter, ce qui marque avec Eagles, c’est leur capacité vocale. Au moins quatre des membres du groupe chantent, et plutôt bien ! Lorsqu’ils tressent leurs voix autour d’une mélodie, des éclats de cristal descendent du ciel pour facetter les tympans : une pure merveille. Non content d’en user en studio, ils parviennent à recréer ce phénomène en live, un été indien. Et les titres défilent, tous ces moments gorgés de guitares électrico-acoustiques, parés de dorures, d’alcools rares et d’onguents précieux, ondes fraîches parfois tumultueuses.

EAGLES – Life in the fast lane (live)

D’autres noms d’oiseaux peuvent bien leur être attribués, commentaires acides traitant d’argent, de dérive commerciale et de « soupe ». La scène, cette mise à nue face au public, demeure le seul juge de paix. Eté 96, en soirée, Eagles envoûte son auditoire sans forcer ni rien bâcler, livrant en souriant tout le talent qui le caractérise.

Indéniablement, il fallait y être.

Thierry Dauge