Valérie LAGRANGE – Biographie et Interview

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Valérie LAGRANGE : Une artiste extrêmement attachante…

Biographie et interview

Valerie Lagrange: tourner avec Autant-Lara en 1959 fut sa première épreuve. Chanter Gainsbourg lui apporta la gloire. Mai 68 la vit fuir la France. Elle revint en 1977 et repartit à zéro. Ecoutez Valérie en ma compagnie, une interview très chaleureuse

Interview de Valérie Lagrange par Daniel Lesueur

« Je m’appelle Danielle Charaudeau. Mais Valérie, c’était plus fun que Danielle, du moins à la fin des années 50. Et comme la plupart des scènes que j’ai tournées dans «La Jument Verte» se passaient dans des granges, je devins Valérie Lagrange en 1959″.

Starlette du jour au lendemain

Toute jeune actrice, en un seul film elle devient une jeune vedette prometteuse. Mais pas sans douleur ! Pendant le tournage, Claude Autant-Lara s’est montré véritablement odieux envers elle. Il fallait qu’il se défoule, qu’il passe ses nerfs sur quelqu’un. C’était impossible avec Bourvil, qui était la vedette, et qui l’aurait remis à sa place:

« Autant-Lara me traitait de tous les noms orduriers qui avaient cours à l’époque ! Moi j’étais inconnue et n’avais que 17 ans » (interview accordée à l’auteur).

Après le cinéma, le théâtre. Et enfin la chanson…

Fin 1964, ses tout premiers enregistrements sont publiés sur le super 45 tours « Paris-Wellington ». Elle connaît le succès avec son deuxième disque (avril 1965), grâce à une formidable composition de Serge Gainsbourg, « La Guerilla » et se pose, avec ce titre, en rivale provisoire de Brigitte Bardot dont elle possède le physique et, sur certaines chansons, également le phrasé. Et je vous parie que, comme moi, lorsque vous aurez cliqué sur le lien, vous vous mettre cette chanson en boule ; pure perfection : chant, arrangements, paroles. Coup de chapeau !… enfin, coup de sombrero, plus exactement.

Valérie LagrangeLa Guerilla

Quant aux nostalgiques du son sixties, ils continuent, encore aujourd’hui, d’écouter ses premiers tubes: «La Bague au nez» (1965), «Encore un jour de notre amour» (1965), «Moitié ange, moitié bête» (1966) ; ajoutons les moins connus «Le Même jour» et «Le Printemps s’ouvre en décembre». Une demi-douzaine des plus belles chansons des années soixante que l’on peut réécouter avec toujours le même ravissement. Le coup de génie fut d’avoir fait appel, pour l’accompagner en studio et sur scène, à une formation qui donne aux disques de Valérie une touche d’exotisme reconnaissable dès la première écoute : Los Incas, groupe sud-américain qui accompagna également Marie Laforêt avant Simon and Garfunkel.

La belle craque en mai 68

Bouleversée, traumatisée par la violence de ces journées historiques à Paris, elle dénonce ses contrats professionnels et part se réfugier en Italie. Sa vie privée connaît aussi des remous. En 1960 elle avait épousé le photographe Serge Beauvarlet dont elle a eu un fils en 1961. Elle est maintenant follement éprise de Jean-Pierre Kalfon, cet acteur et personnage bien trempé avec qui elle a interprété en duo « La Chanson De Tessa » sur un texte de Jean Giraudoux.

Rencontre historique

A Positano, au sud de Naples, elle fait la connaissance du chanteur Shawn Phillips, en 1969, puisqu’elle écrit alors le premier morceau du style qui est encore le sien aujourd’hui : «Si ma chanson pouvait». Enthousiasmé, Shawn Phillips l’invite à Londres. Valérie Lagrange obtient le privilège d’être accompagnée par les musiciens d’Elton John.

Elle revient à Paris vers 1977

En tant que chanteuse, tout le monde l’a oubliée. Elle peine à remplir la minuscule salle du «café d’Edgar» – j’y étais ! – et fait la manche devant les bistrots de Montparnasse… ce qui nous permit de lier connaissance et boire ensemble une bonne bière…

Heureusement elle continue de faire du cinéma: «Le Bon et les méchants» de Lelouch en 1976 est déjà son 27ème film. Mais aujourd’hui, de sa carrière cinématographique, on retiendrait surtout «Les Tribulations d’un Chinois en Chine» en 1965 et «Un homme et une femme» en 1966… jusqu’à plus récemment le déchirant «Mes nuits sont plus belles que vos jours» de Zulawski en 1989.

Elle reprend sa guitare et ses partitions…

Valérie entame une deuxième brillante carrière d’actrice et de chanteuse. Mais fini le temps des chansonnettes écrites par autrui. Elle est désormais A.C.I. (auteur-compositeur-interprète), publiant plusieurs albums sur le label Virgin. Avec des tubes: «Faut plus me la faire», «La Folie», « Le jeu« … Au début du troisième millénaire, c’est auréolée d’une notoriété certaine qu’elle continue d’enregistrer une sorte de world music intelligente et raffinée («Fleuve Congo», 2003). Et, histoire d’amour, en juin 2009 Valérie épouse Ian avec qui elle vivait depuis 1973. Tous deux avaient traversé mille épreuves !

Valérie Lagrange  »Faut plus me la faire »

La plus belle…

La plus belle… Cette fois je ne parle plus de la plus belle chanteuse, de la plus belle actrice… Mais de la plus belle chanson qu’elle ait écrite: superbe musique, texte d’une grande beauté et d’une grande intelligence (avec en plus un fabuleux solo de guitare !). Je ne vous dis rien de plus, cliquez ICI. Merci Valérie !

Daniel Lesueur

Valérie Lagrange : On meurt tous d’amour