DANKO JONES : en studio et en concert

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DANKO JONES – Dr Danko and Mr Jones : Hard & Punk

En studio

Danko Jones

Danko Jones est en fait le patronyme du leader of the Gang. En dehors de la paire de créoles qui orne ses oreilles, laissant supputer une éventuelle appartenance à la « Väche-qui-rit Chëese Cült » (?), rien dans la démarche du chanteur/guitariste ne laisse sous-entendre un quelconque sens de l’humour. Sur les photos du groupe, l’ambiance est plutôt aux dents serrées, aux regards fixes, à la hire, révélant en cela le type de musique pratiquée.

Rock rugueux, heavy rock, hard rock, punk rock, certains diront : « C’est du kif ! ». A quelques nuances près, on s’y retrouve. Particularité, jusqu’en 2010, les Jones ne pratiquent pas le solo, quel qu’il soit, ce qui vote en faveur du punk rock. Oui mais les riffs sont plutôt hard rock. D’ailleurs, Danko, l’homme, ne cache pas son admiration pour Thin Lizzy, d’où ces rythmiques accords/silences traversées d’une batterie métronomique et dansante.

DANKO JONES – Forget my name

Sur « We sweat blood » (2003), on retrouve ces deux facettes musicales : hard rock et punk rock. Quel que soit la matière travaillée, le rendu n’excède jamais les trois minutes trente, se situant même, en grande majorité, sous les trois minutes, format punk par excellence.

DANKO JONES – I want you

L’album sorti sept ans plus tard : « Below the belt » (2010), présente une démarche musicale un iota plus élaborée, moins « brute de pomme », tant au niveau du son, de la production, que des compositions. « L’épaisseur » des guitares, l’apparition de courts solos, la durée des titres en expansion traduisent la volonté du groupe d’élargir son audience.

DANKO JONES – Active volcanoes

If the boys are back in town, sont-ils parvenus à leur fin : gagner l’oreille d’un plus grand nombre ? Difficile à savoir. Mais, comme toujours, quoi de mieux que de se rendre « sur place » découvrir la musique « vivante » ? Alors, partons à la rencontre de Danko Jones …

En concert

Danko Jones

Le 26 novembre 2008, au Zénith, le trio ouvre le bal pour un autre trio, un sacré client ; Motörhead ! Promotion ? Heu … le nom du groupe ne figure pas sur le billet ! Côté prestation, les guerriers peinent à « occuper » cette grande scène. A peine sortie des amplis, leur énergie se dilue, n’atteignant qu’à grand peine les deux premiers rangs de la fosse. Soirée ratée. Par contre, dans une salle promouvant la promiscuité …

Un peu plus tôt, la même année, plus précisément le 25 avril, la sueur balaye le public énamouré de la Maroquinerie. La bassiste pointe du doigt le « salopard » qui prétexte un pogo pour défoncer son entourage. Des mecs le coincent et lui font comprendre sa méprise : il dégage. Dans cette ambiance, dans cette salle de « proximité » où le fan « touche » ses idoles, où l’amateur de rock peut vivre sa passion sans barrières de sécurité, Danko Jones casse la baraque. La disto et la basse tordent les boyaux, la batterie enfonce le clou, les chansons font mouche !

DANKO JONES – First date (live à la Maroquinerie)

Et puis, ce showman de Danko, non content de scander des paroles gorgées de sexe, non content d’exhiber une langue plus apte à sucer des « roudoudous » que des glaces, non content de rendre hommage à ses idoles en citant leurs remarquables faits d’armes, notamment ceux de Philip Parris Lynott, harangue son public avec un engouement et une détermination sans faille.

DANKO JONES – I gotta rock (live ?)

Danko Jones, c’est un hommage à tous ces groupes qui œuvrent dans une semi clarté, ces inlassables combattants fourbisseurs d’énergie dont les noms sont graffités sur les murs du monde entier à défaut d’y être affichés. En cela, la formation canadienne est exemplaire, sans concessions. Il ne tient plus qu’aux amateurs du genre de leur retourner un peu de cette flamme qu’ils savent si bien allumer.

DANKO JONES : Festival Sylak Open Air – le 3 août 2019 – Saint Maurice de Gourdans (01)

Thierry Dauge – CulturesCo