The WHITE STRIPES : en studio et en concert

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The WHITE STRIPES – Un duo, un groupe

White Stripes

En studio

The White Stripes : vous vous souvenez ? La vie médiatique « Kleenex » progresse si vite qu’hier est devenu l’équivalent des vingt ans d’il y a dix ans ! Cette question parce que ce duo, mis à part «Seven nation army» (2003), a quasiment disparu des ondes radios et des réseaux sociaux, s’entend dans les « groupes » traitant de musique rock. Pourtant, s’il en est qui ont créé le « buzz » à juste titre …

The WHITE STRIPES – Seven nation army

A force de talent, The White Stripes a imposé l’idée d’un duo, qui plus est mixte, en lieu et place d’un groupe. Quid de Sonny and Cher ou Ike & Tina Turner (vous remarquerez que, dans les deux cas, le prénom masculin s’impose …), m’opposerez-vous ? Oui ! Mais pas « seuls » sur scène ! En cela, Meg et Jack initient un concept qui se démocratisera ; citons The Kills ou Royal Blood en exemples.

La carrière de la fausse fratrie/vrai couple décolle avec « Elephant » (2003), leur 4ème Lp, et reste à ce niveau d’excellence jusqu’à leur dernier enregistrement: «Icky thump» (2007), en passant par « Get behind me Satan » (2005). Le propos se veut minimaliste et rugueux par le son, blues, rock et « swamp » par l’écriture, très 70’s et 2000 à la fois, même s’il n’y a rien de neuf sous le soleil de Satan … ou d’un autre.

The WHITE STRIPES – Instinct blues

La frappe de Meg White n’adopte pas les fioritures et la lourdeur inhérentes à ce genre d’exercice en équipe restreinte. Pour Jack, il en va autrement. Son jeu de guitare est tout sauf « traditionnel », excepté, peut-être, par cette probable affection qui le lie aux 60’s et dont l’utilisation gourmande d’un pédale de fuzz fait rappel. La somme des deux produits divise les chansons en trois catégories : cordes, claviers, cordes et claviers. Essentiellement signées « J. White », la tension produite instaure un climat profitable à l’écoute répétée. Cette dynamite de studio parvient-elle à détoner en public ? Suivez la mèche …

En concert

White Stripes

Le 11 juin 2007, The White Stripes sont au Zénith de Paris. « Icky Thump » ne sort que le 15 juin mais ça ne les empêche pas d’en jouer certains titres. Et, pour répondre à l’interrogation qui clôt le précédent paragraphe : ça « détone » sévèrement !!!

The WHITE STRIPES – Icky thump (live)

Ailleurs : « Musicalement, Les White’s badigeonnent de fuzz une toile de blues sans hésiter à postillonner des motifs punctiformes et colorés, étonnantes embardées sous le postulat entêté de leur drapeau tricolore : noir, rouge et blanc. Live, la partition du duo, sans artifices, plonge le public dans un juke joint, créant une proximité où la blondeur du tabac sudiste caramélise les sens. Par instants, leur musique évoque des tranches de fruits givrés saupoudrés de poivre noir, d’écorchures glacées par des lumières stroboscopiques. On mange le groupe des yeux alors que leurs notes débordent des pavillons auditifs à l’image de pièces d’or dans une coupe trop pleine » – (T. Dauge – Blog d’Auguste Marshal). Images et sons persistent.

The WHITE STRIPES – Jolene (live)

Meg White bat ses peaux avec attention pendant que son « homme » fait le show. Jack White connait son affaire, démontrant que nul n’est besoin d’être un « guitar hero » pour magnétiser la foule. Parfois, il cumule arabesques « claviérisées » de la main gauche, accords tordus sur son Airline rouge et voix semi « sprechgesang », chantée/parlée, au micro. Pluripotent, Jack ne semble se réaliser qu’en lestant ses panoplies, plongeant dans le labeur comme d’autres dans la fainéantise, s’astreignant à créer une « ambiance » autour de sa prestation. Les couleurs rouges et blanches, le lightshow à l’avenant, les palmiers à plumes, un imaginaire Louisiane à portée de vue, ou comment générer une intimité.

The WHITE STRIPES – Death letter (live)

Le 16 octobre 2005, au même comptoir, le couple boucane deux heures d’un spectacle idéalement parfait. En 2007, contre toutes craintes, il en va d’une « eau de vie » similaire, le chant d’une rivière en mouvement rehaussé de nouvelles et dithyrambiques chansons. Faut-il pour autant plébisciter le « groupe » ? Toutes celles et ceux qui n’ont vu de « Bandes blanches » que sur leurs chaussures de sport ne peuvent pas savoir. Les autres en parlent encore

Thierry Dauge – Cultures Co