LE ROCK EST MORT VIVE LA PUB !

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LE ROCK EST MORT, VIVE LA PUB !

Le rock est mort, vive la pub

Il se dit que le rock serait mort. David Bowie, The Beach Boys, Blur, Steppewolf, Robert Palmer… Si c’est vrai, la publicité serait-elle devenue un objet de résurrection, celle par qui le vieil adolescent reviendrait à la vie ? Pour reprendre plus précisément les chansons des artistes et groupes précités (il y en a pléthore d’autres : Who, Rolling Stones…) : « Life On Mars », « Good Vibration », « Song 2 », « Born To Be Wild », « Johnny and Mary », que des canons du genre. Les publicitaires recyclent des notes et mélodies présentes dans l’inconscient collectif des téléspectateurs, jouant sur le principe du « son » subliminal plutôt que de l’image du même nom. Et ça fonctionne ? Leur propension à en abuser tend à le démontrer.

David BOWIE – Life On Mars

Couches culottes, téléphones, biscuits apéro, voitures, tirelipimpon, tout y passe, tout est bon. Pourtant, lorsqu’on fait référence à un « must » pop / rock devant un parterre de post adolescents, voire de trentenaires, l’incompréhension, cette lueur interrogative dans leurs yeux indiquent clairement qu’ils ignorent tout du sujet. Par conséquent, la cible visée par ces pubs seraient les initiés, les cinquantenaires et au-delà. Puisque le rock est une musique de « vieux », en tartiner les annonces aiguiserait leur appétence pour ceci ou cela (couches comprises ! Il est vrai qu’en, vieillissant…).

The BEACH BOYS – Good Vibrations

Il suffit qu’un air passe à la radio pour qu’aussitôt : « Tien ! C’est la musique de la pub, là ! Le truc pour les surgelés… ». Confit de stupéfaction, l’amateur de rock n’en revient pas. « Sa » musique ne serait donc plus qu’un bruit de fond, une distraction auditive pour les chalands du samedi après-midi, au supermarché ou dans un magasin d’articles de sport, ne vaudrait pas davantage qu’une poignée de clous ? Alors, il franchit à nouveau la porte du disquaire et se souvient comment l’album lui est parvenu entre les mains puis les oreilles. Bien sûr, depuis l’avènement du CD, sans parler de la musique dématérialisée, évoquer la beauté d’une pochette relève du désuet, du passé.

BLUR – Song 2

Le rock ne se vit maintenant qu’au travers d’autres expressions artistiques (ou même pas), mais plus pour ce qu’il représente. Ainsi, dans certains films, les reprises de rock prennent parfois la place d’une BO originale. Plus loin, sur des plateformes de téléchargements, l’IA prend carrément la place d’un « réel » groupe de rock. Encore plus loin, l’IA prend la place du film, la boucle est bouclée. Reste la publicité… Etrangeté, avec l’intelligence artificielle, les concepteurs pourraient produire leurs propres illustrations sonores. Alors pourquoi piller le patrimoine, d’Elvis à Wet Leg ? Peut-être qu’on ne pourra jamais rien faire de mieux que l’existant ? Paradoxe, « existant » antonyme de « mort », les deux versants du rock !

STEPPENWOLF – Born To Be Wild

Beaucoup de questions, peu de réponses. Se contenter du vinyle tournant sur la platine, collectionner l’objet, de la musique plein la tête rien qu’en voyant la pochette. Il paraît qu’une nouvelle génération en achète, même sans être équipé, sans rien pour les écouter, juste pour ces trente centimètres sur trente à coller au mur, magnifique « tableau », mieux qu’un succédané de peinture.

Et puis, un jour, blouson sur le dos, Ray-Ban sur le nez, l’adepte contaminé dès sa plus tendre enfance se fait duper par des récurrences mnésiques : « Tiens, la pub pour Renault… ».

Robert PALMER – Johnny And Mary

A quoi bon lutter : « Le rock est mort ? Vive la pub ! ». Ah ouais ? C’est celui qui dit qui y’est…

Thierry Dauge

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