Paddock and Breakfast – Du Rock, des figues, des bananes, des noix

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Paddock and Breakfast – Du Rock, des figues, des bananes, des noix

Paddock and Breakfast

Paddock and Breakfast, détournement malicieux d’un certain-savoir faire hôtelier so british , affiche sur son menu : « Des tartines de guitare sur un matelas de batterie ». Blindé doit être l’estomac de ces clients là pour ingurgiter ce petit-déjeuner digne d’une polonaise que j’ai connue. Mais foin de flingueries de famille, je me disperse, je me ventile, revenons à notre matinale collation.

Côté tartines…

… voici Béné qui, question six cordes, n’ayez crainte, n’en fait pas des… Tartines. Ne prenez donc pas vos oreilles à votre cou à la pensée de solos de trois plombes auditivement indigestes. Trois accords et tout est dit serait plutôt son credo.

Paddock and Breakfast
Crédit photo : sqyfilms

Côté matelas…

… voilà Lionel. Alors attention, mesdames et messieurs, nous allons causer literie de qualité. Hors de ma vue sommier défoncé aux ressorts en phase terminale. Non, nous avons affaire à du ferme mais néanmoins souple. Tempos binaires et efficaces pour le gîte et le couvert Rock ‘n Roll du binôme qui d’ailleurs s’épanouit autant à la scène qu’à la ville car les deux complices, dans le registre « madame Paddock, voulez vous prendre pour compagnon monsieur Breakfast ici présent », ou inversement, c’est vous qui voyez, ont uni leur destin depuis une tripotée d’années pour le meilleur et pour le Punk.

Paddock and Breakfast
Crédit photo : sqyfilms

Région parisienne – Début 2018

Rescapés des ruines fumantes d’un précédent groupuscule à géométrie variable où évoluaient des savants fous et des guitares spatiales, Béné et Lionel, terrifiés à l’idée de passer leurs vieux jours sous un plaid devant télé-achat, décident de donner un coup de talon au fond de la piscine. Quelques paliers de décompression plus tard, Paddock and Breakfast émerge à la face du monde.

Paddock and Breakfast
Crédit photo : sqyfilms

Une guitare, une batterie, deux voix…

… carré gagnant pour une aventure à deux sur les terres toujours défrichables du Rock. Et leur Rock à eux sera Punk ou ne sera pas. Du Rock Punk. Pas du Punk Rock. Trop « old school » ça, trop daté. 77 c’est loin, on s’en tape. Paddock and Breakfast c’est ici et maintenant même si Lionel ne rechigne pas de temps en temps à l’écoute d’un bon vieux gang australien des eighties.

Paddock and Breakfast
Crédit photo : Christophe Girard-Berthet

Même si la formule en duo…

… impose un certain minimalisme, « à minimalisme minimalisme et demi » pourrait-on dire de la musique du groupe. Punk Spirit oblige, pas de gras dans les morceaux. C’est près de l’os, direct et ça envoie. Mais, fidèles lectrices et lecteurs, si l’esgourde vous tendez, vous vous rendrez compte que chaque chanson cache souvent la petite trouvaille qui fait la différence. Changements de tempo inattendus, petits breaks futés : ingrédients d’une recette qui paye et pourrait même faire oublier un manque de basse qui, tout compte fait, ne se fait pas sentir grâce au jeu solide tout en riff et au son dense de Béné.

Paddock and Breakfast
Dessin Poup

Si la musique reflète la diversité de leurs influences…

… le chant n’est pas de reste. Tandis que Lionel place ses choeurs, Béné donne de la voix aussi bien en anglais, en français et même en japonais comme dans le le morceau « Biru », une histoire de bières perdues dans des soirées, du vécu certainement ! « Et », me direz vous, « à part la binouze, de quoi est-ce que ça cause ? » Là aussi le Breakfast propose moultes confitures. De l’humour avec la reprise de l’« hymne des Babus », hommage à Francis Blanche et Pierre Dac, jusqu’à des sujets plus graves, voire engagés sur l’actualité, avec leur tout récent « Criminels Climatiques ».

Paddock and Breakfast
Crédit photo : Christophe Girard-Berthet

Après avoir écumé maints bars à son sur Paname…

… et ses environs, Supersonic, International et autre Pointe Lafayette ou Olympic Café, sans oublier quelques incursions à Nantes, Orléans et Chartres notre dynamique duo se décide à tâter du studio. Ce sera d’abord du fait maison, sous les combles, eh oui pas dans le garage pour une fois, avec la complicité de Jimmy Tungsten, activiste du festival FoudRock, à la prise de son et de Jonathan Lieffroy, ingé-son de Pierre et Bastien, groupe fétiche du Breakfast, pour le mix.

Paddock and Breakfast
Crédit photo : sqyfilms

Deux morceaux…

… qui, une fois mis en boîte, vont donner naissance à leur premier 45 tours où on découvre surtout en face A, « Alone », compo envoûtante au beat obsédant et à l’ambiance inquiétante, avec pour paroles cette seule petite phrase « I’m Alone » scandé ad libitum par la voix étrangement désincarné de Béné. C’est donc sans surprise que ce premier jet recevra un très bon accueil et sans surprise itou qu’une deuxième petite galette ne tardera pas à investir les platines.

Lionel et Béné, fan de Mo/CDM

… auteur de BD et créateur, entre autres, du professeur Houfman, vont faire appel à son talent pour la pochette. Et quelle pochette ! Où l’on retrouve nos deux punk rockers aux prises avec le fameux professeur dans un studio d’enregistrement aux allures de labo démoniaque. Quant aux deux nouveaux morceaux, toujours enregistré et mixés avec la même équipe, ils ne font pas pâle figure à côté du contenant avec « Forbidden Zone », emblématique et solide, toujours sur la setlist depuis les débuts et en face B l’inusable « Hymne des Babus ». Francis et Pierre doivent en pogoter sur leur nuage !

Oui mais voilà…

… nos Paddock and Breakfast préférés vont commencer à se sentir à l’étroit sur les 17 petits centimètres du format single. Alors, un album ? Avec pas loin de vingt compos perso bien rodées en live, où est le problème ? Let’s go. La captation se fera cette fois dans les studios où ils répètent, MetAssos, avec leur pote Julien GB aux manettes. En quelques jours 10 chansons sont emballées pesées.

Paddock and Breakfast
Paddock and Breakfast en studio
Paddock and Breakfast
Paddock and Breakfast en studio

C’est là que le groupe…

… va innover pour la diffusion de la chose. Presser un vinyl ? Les prix s’emballent à la hausse et les délais de fabrication tournent à la farce. Que faire ? Car chez les Paddok on aime bien le support, le bel objet que l’on sort précautionneusement pour l’offrir à la douce caresse du saphir. « Eh bien faisons une pochette de disque… sans disque » se disent-ils tout de go. Ainsi va se concocter pour “Bad At Faces”, titre de l’album, un visuel cartonné au format 33 tours, sur le verso duquel on pourra trouver un code de téléchargement, le tout proposé à petit prix comme un goodies. Concept original qui permettra au duo de diffuser virtuellement sa musique avec néanmoins le plaisir de l’esprit collector. Côté pochette, un pote, répondant au sobriquet de Poup, monomaniaque du noir et blanc, dégainera plumes et pinceaux.

Paddock and Breakfast
Paddock and Breakfast – Recto du visuel de l’album – Dessin : Poup

Forts de cette discographie…

Paddock and Breakfast n’ont pas manqué de multiplier les concerts et des contacts qui vont les amener à ouvrir pour de nombreux groupes comme les australiens de Cable Ties, les anglais de Autobahn, les allemands de Liiek ou encore l’incontournable Jim Jones au Petit Bain sur les quais de Seine.

Paddock and Breakfast

L’aventure ne fait que commencer pour la guitare tartinée et la batterie matelassée…

Paddock and Breakfast

Pour conclure ce petit-déj sonique, je laisse la parole à Béné et Lionel au sujet de leurs amours musicales :

Salut les Paddock and Breakfast. Les infâmes Zorglos, venus des espaces intersidéraux, décident d’envahir la Terre. Mais vous n’avez droit chacun qu’à trois morceaux à emmener avant de fuir dans votre Paddock Rocket...

Béné

1- Pierre et Bastien, Twist

— Pierre et Bastien c’est le meilleur groupe du monde. C’est un trio punk français, comme son nom l’indique, que j’ai découvert assez tard mais dont j’ai vu tous les concerts parisiens de leurs 18 derniers mois d’existence tellement je les admirais. On a même eu l’immense honneur de jouer avec eux sur deux dates, à Chartres et Nantes, début novembre 2018 (antépénultième et avant-dernier concert pour eux). J’adore les paroles si touchantes de Paul, le rythme rapide, répétitif et entraînant de Trux et les riffs et solos enivrants de Baptiste.

J’aurais pu choisir plein d’autres titres…

… J’ai choisi celui-là parce qu’il clôturait régulièrement leurs concerts. Et puis il y a une vidéo dingue de ce morceau filmée au Chinois en avril 2015, le son est pas top mais il y a un solo qui s’étire de Baptiste, très émouvant (il est décédé en 2019). J’espère toujours découvrir un groupe qui m’éblouira autant qu’eux, actuellement côté français j’adore Laetitia Sheriff, We Hate You Please Die nouvelle formule ou Clavicule mais ils n’ont pas complètement détrôné Pierre et Bastien.

Pierre et Bastien

2 – Moody Beaches, Modes

— J’adore ces filles, des australiennes avec qui j’ai sympathisé en faisant la queue au toilettes lors du festival de Binic de 2019. Elles sont trois, elles envoient du lourd avec en même temps un chant hyper contrôlé, j’adore, c’est tout. J’aurais aimé faire leur première partie l’été dernier (2023) au Supersonic, mais on a connu leur date de passage un peu tard, il y avait déjà trois groupes. On va pas se plaindre, on a fait en août la première partie de Split System et de Cable Ties, deux autres excellents groupes de Melbourne.

Pour revenir à elles…

… je trouve que ça manque vraiment de filles sur les scènes rock, d’où mon T-shirt « More women on stage » que je porte parfois en concert (où je suis régulièrement la seule fille sur scène). Lors d’un de leur concert à Binic l’été dernier, j’ai entendu un jeune mec dire qu’il était déçu parce qu’aucune d’elles n’avait montré ses seins ! Je pense que si les programmateurices sélectionnaient des groupes plus féminins, tout le monde comprendrait que les filles ont autant de talent que les mecs et on n’entendrait plus ce type de remarques affligeantes.

Moody Beaches bandcamp

Moody Beaches – Modes – Extrait de l’album “Weird Friends”

3 – Arnaud Rebotini, 120 battements par minute

— J’ai mis ce morceau parce que c’est mon nouveau délire, l’électro, et notamment depuis que j’ai vu ce film qui m’a tellement touché, « 120 battements par minute » et que j’ai complètement accroché à sa musique. Arnaud Rebotini est un français qui fait de l’électro, avec un look à la Elvis, et qui chante aussi dans un groupe rock du nom de son label, Black Strobe (Records). Je l’ai même croisé au dernier festival Levitation, il rôdait incognito côté public. Pour les curieux.ses, mon disquaire préféré, Home Wax à Angers, conseille l’album « Music Components ».

Récemment je me suis achetée…

… un synthé Minilogue et une boîte à rythme Volca Drums, j’adore faire des boucles et rajouter de temps en temps du chant, de la guitare ou des mélodies au clavier… Si ça se trouve je vais bientôt monter un groupe électro, en même temps y a pas que le rock dans la vie (enfin, à voir) !

Arnaud Rebotini – 120 battements par minute

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Lionel

1 – New Day Rising (Hüsker Dü)

— Ça fait longtemps que cette chanson occupe un placement préférentiel dans mon référentiel de classement. Ça va vite, ça tape fort, les paroles sont simples vu qu’en fait les paroles sont le titre, et comme le titre fait 3 mots (3 lettres / 3 lettres / 6 lettres, soit une moyenne de 4 lettres par mot), ça me va bien. Et en plus, c’est mélodieux.
Plus récemment, avec la naissance de Paddock & Breakfast, je me suis souvenu de ce morceau et me suis dit qu’il pouvait illustrer la signification du nom de notre groupe. On se met tous les jours au pieu, au paddock, puis on prend un petit déjeuner, et le jours suivant c’est pareil, et puis encore pareil… Tous les jours, on démarre une journée devant un bol de café au lait, on y trempe mollement des tartines, on s’apprête gentiment à passer des heures plus ou moins chargées, et ensuite on retourne se coucher, etc… D’une certaine manière, je pense que c’est également ce qu’expriment Bob Mould et Grant Hart en braillant ces New Day Rising, comme s’ils prenaient conscience qu’ils ne contrôlent pas ces perpétuels nouveaux départs.

Hüsker Dü – New Day Rising – Extrait de l’album “New Day Rising”

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2 – Hymn To Saint Jude (The Saints)

— J’ai beaucoup d’affection pour cette chanson. D’abord parce qu’elle fait partie d’un album que je vénère dans son intégralité. Donc mathématiquement, je ne peux pas ne pas l’aimer. Ensuite, j’aime tout particulièrement la façon qu’elle a de surprendre : ça démarre pépère, voire on se dit : « Mouaiche, voyons voir comment ça continue … ». Enfin tout de même, c’est extrêmement bien produit : il y a du piano, des cordes, du cor aussi je crois, la voix est à la fois assurée et posée. Et alors, si on prend bien la peine d’aller jusqu’au bout, alors là, ô surprise : ça s’énerve, le chant monte en puissance, les cuivres viennent réchauffer tout ça, la batterie s’affole, tout s’affole… Ah là là ! Pour moi, cette chanson est vraiment géniale, je l’adore.

The Saints – Hymn To Saint Jude – Extrait de l’album “All Fools Day”

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3 – Tick-Tock (Celibate Rifles)

— Pas facile de choisir une chanson de son groupe préféré. Car tout bien pesé, je pense que les Celibate Rifles est mon groupe préféré. Et pourtant, je ne les ai jamais vus ! En fait, j’associe les Celibate Rifles au rock australien. Ils en sont selon moi un des plus importants représentants. Cette chanson, Tick-Tock, notamment, a ce son si particulier : c’est électrique, ça groove sec, c’est à la fois cool et rapide… Quel panard ce groupe ! En plus, je trouve le clip formidable. Au fait, là encore ça cause du temps qui se répète, des journées à répétition, qui démarrent au Breakfast pour se terminer inexorablement au Paddock, et ainsi de suite…

Celibate Rifles – Tick-Tock – Extrait de l’album “Sideroxylon”

En savoir plus sur Celibate Rifles

— Merci ! Et avant de se quitter, quelques infos :

Paddock and Breakfast

Le bandcamp c’est par ici

Le facebook c’est par là

Paddock and Breakfast

Discographie : 

  • 45 tours Alone / Artist – Autoproduction – Barrettes Records
  • 45 tours Forbidden Zone / L’Hymne des Babus – Autoproduction – Barrettes Records
  • Album 10 titres “Bad At Faces” – Format numérique – Autoproduction – Barrettes Records (Tonight – Insomnie – Bad At Faces – Meeting – Urbex – 55 Ans – Biru – Money – Dortmunder – Mémoire)
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