MOZART – Concerto pour clarinette K.622

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MOZART – Concerto pour clarinette K.622

Mozart

Karen Blixen (Meryl Streep) marche dans la brousse, sur le chemin de sa ferme africaine. Soudain, portée par un vent léger, une musique divine sinue jusqu’à elle. Elle presse le pas. Denys Finch Hatton (Robert Redford), son amant, est allongé, endormi, dans une chaise longue, sous la véranda. Un disque tourne sur le plateau du gramophone. De son pavillon sort l’Adagio du concerto pour clarinette de Wolfgang Amadeus Mozart. Ainsi, Sydney Pollack, réalisateur d’Out Of Africa (1985), nous permet-il de découvrir ou redécouvrir ce formidable mouvement. Pièce incontournable du célèbre compositeur autrichien dont les notes se mêlent au verdoyant écrin du Kenya.

Si cette splendeur, au cœur du concerto, n’est pas totalement représentative de l’œuvre Mozartienne, homme enjoué à l’origine de moult partitions jubilatoires, elle luit d’une musicalité contemplative, le genre de mélodie susceptible d’arrêter le temps. A son écoute, comme en apesanteur, le mélomane perd toute notion temporelle et spatiale, envoûté par la petite musique qui joue dans sa tête.

Wolfgang Amadeus MOZART – Adagio du Concerto pour clarinette

Dans Amadeus (1984), Milos Forman filme un Mozart frivole, extraverti, concentré de gaité au rire détonnant ; « garnement » magnifique. Facile en écriture, il s’attire les foudres d’Antonio Saliéri, alors compositeur officiel à la cour viennoise. Méticuleux, un rien laborieux, il transpire de jalousie pour cet être qu’il trouve grossier, hirsute, adepte des plaisirs de la chère. En cela, la fougue de l’Allegro qui ouvre le concerto pour clarinette caractérise bien les penchants naturels du jeune Mozart, mixe de joyeuseté, d’entrain et de jouvence.

L’Allegro entre en mouvement par deux minutes de cordes, le vol d’un papillon multicolore sur les épis d’un champ de blé en mouvement. Les corolles ouvertes des coquelicots, telles des bouches offertes, livrent leurs sombres étamines à la trompe de l’insecte. Alors, le son chaud, quasi sexuel, de la clarinette s’élève de la terre.

Allegro du Concerto pour clarinette

Le Rondo, troisième et dernière partie du concerto, évoque des lutins célébrants l’émeraude des grands arbres d’une forêt séculaire. Les feuillages s’agitent, changent de couleur sous les rayons naissant d’un soleil printanier. On peut noter une communauté d’esprit avec la Symphonie Pastorale de Beethoven. Célébration de la nature, elle flamboie, essence vitale hors la moindre trace d’anthropie.

Wolfgang Amadeus MOZART – Rondo du Concerto pour clarinette

Un coup de mou ? Une perte d’élan vital ? Une humeur tristounette ? Une envie d’évasion ? Le concerto pour clarinette de Mozart, en deux temps / trois mouvements, absorbe les humeurs de l’existence. Baume cicatrisant, thymorégulateur, un feu d’artifice au pays des délices.

Thierry Dauge

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