Michel FUGAIN – Le Big Bazar !

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La culture se partage !

Michel FUGAIN – Le Big Bazar

Michel Fugain

En 1972, Michel Fugain ressent des envies San Franciscaines, une appétence pour le Summer of Love et la vie en communauté. Les auditions démarrent et, assez vite, accouchent du Big Bazar. Entre douze et quinze chanteurs, comédiens et danseurs en façade, une trentaine d’autres en coulisse et vogue le bateau.

Loin d’une galère, c’est une large pirogue, un sampan, un galion toutes voiles déployées qui prend le large et promeut l’abordage de masses. Séduit, le grand public fait un pont doré à la troupe bigarrée. N’ayant rien à cacher, les artistes nous préviennent : « Attention, Mesdames et Messieurs dans un instant, ça va commencer ! ».

Michel Fugain & Le Big Bazar – Attention Mesdames et Messieurs

Jusqu’en 1977, Michel Fugain et son Big Bazar développent des thèmes écolos dans des chansons fleuries. On y plébiscite un Monde de paix ensemencé des plaisirs de la nature. De la campagne à la montagne via l’océan, tous les horizons reçoivent des sourires parfumés à l’opposé des villes et leur fourmillement mécanique qui récoltent l’opprobre : « Merde que ma ville est belle sans ces putains de camions… ». Modèle de vie en plein air … du temps, la troupe est gérée en coopérative et tous les gains sont partagés à parts égales.

Côté partitions, l’ensemble des instruments susceptibles de constituer un grand orchestre sont convoqués, des cuivres aux cordes, de l’acoustique à l’électricité. Ils interagissent harmonieusement tel un vol d’oies sauvages par-dessus l’étang.

Fais Comme l’Oiseau (1972)

Une série de 45-Tours parcourent alors les ondes radios, du Stop ou Encore d’RTL au Podium d’Europe 1, trustant au passage la tête des hit-parades.

Michel Fugain

Dans les classes et les bals populaires c’est alors la joie, la gaieté, une époque sans SIDA ou Covid 19 : c’est la fête !

Michel Fugain & Le Big Bazar – La Fête (1973)

Pour le collectif, la vie chante.

Chante … Comme Si Tu Devais Mourir Demain (1973)

Pourtant, en termes d’organisation et de gestion, car même une coopérative nécessite de tenir une comptabilité, la tâche est rude pour l’initiateur. Outre manger et bénéficier d’un toit sur sa tête, déplacer une pléiade pareille de sa terre d’élection aux plateaux télévisés parisiens, ceux de Maritie et Gilbert Carpentier ou de Guy Lux, n’est pas une mince affaire. Nonobstant, l’ambiance festive perdure qui transpire dans les chansons.

Michel Fugain & Le Big Bazar – Les Acadiens (1975)

Des lézardes internes fissurent l’union sacrée. Les travées ne tournent pas encore aux tranchées mais la lassitude couve, et puis des envies d’ailleurs …

L’année de la canicule, en 1976, c’est le chant du cygne. Quoi de mieux que célébrer la saison où la nature revient à la vie, où les nouvelles amours bourgeonnent, pour refermer le livre d’une époque et enfourcher sa monture ? Avoir fait chanter et danser la France pendant cinq ans méritait bien un flashback.

Le Printemps (1976)

Au-delà de ce qu’on peut en écrire, il suffit d’écouter. Inscrites dans l’inconscient collectif d’un pays continuellement dressé sur ses ergots dès qu’on évoque musicalement la « variété », ces chansons ont suffisamment « tournées », et tournent encore (CF Chante France ou Radio Nostalgie), pour démontrer leur qualité. Et si ça n’était que pour générer un sourire sur un visage, ce serait déjà gagné.

« J’en ai marre … d’écouter se lamenter ma gueule dans la glace dit … »

Une belle histoire …

Michel Fugain & Le Big Bazar – Une Belle Histoire

Thierry Dauge

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