AC/DC – Riff Raff

AC/DC

« Riff Raff » est une chanson d’AC/DC extraite de l’album Powerage paru en mai 1978. Allez savoir pourquoi, la version européenne du 33-Tours compte un titre de plus que la version australienne : « Cold Hearted Man ». Pour parvenir à ce résultat, pour que ça « rentre », on a « raboté » certains autres morceaux. Au final, le vinyle kangourou dure 40’50” contre 42’53” pour celui sorti sur le vieux continent. Mais notre centre d’intérêt est ailleurs. La loupe porte sur « Riff Raff », le cheval au galop de Powerage, cavalcade effrénée du live If You Want Blood…You’ve got it (avril 1978). A un mois d’écart, la version live de « Riff Raff » est sortie avant celle enregistrée en studio. Le live boostant systématiquement les chansons, AC/DC tente un pari risqué !

AC/DC – Riff Raff (live 1978)

Outre l’aspect échevelé, pas si fréquent que ça chez AC/DC, citons « Let there Be Rock », « Whole Lotta Rosie » ou « Beating Around Busch » au passage, un riff prisé des dentistes, capable de provoquer une édentation totale si l’on se prend à sourire en l’écoutant, « Riff Raff » présente une phrase de rock exemplaire. Entre trois minutes trente une et trois minutes cinquante-deux, un accord unique est matraqué : la foudre sur le clocher, le marteau sur l’enclume. La preuve que le point de croix barbelé ou l’enfilage de notes supersonique n’est qu’un critère secondaire. On imagine les musiciens secouer la tête en cadence, l’écolier en SG cabotinant autour du « bruit. Un bonheur absolu !

AC/DC – Riff Raff (version studio)

Et puis, sur cette tranche de musique incontournable, Angus Young balance un solo construit en strates successives qu’il ne reproduira plus par la suite, se contenant, de nos jours, de trois « bip bip » et un « schlonguishtu ».

Version studio ou version live, l’énergie est la même, elle perdure tout du long des cinq minutes cinquante que dure le morceau, se renforçant au fur et à mesure jusqu’à l’éjaculation ou l’orgasme final. Concurrent du viagra, l’ordonnance est à renouveler tous les jours. Après tout, puisqu’il faut bien mourir de quelque chose, on en a même vu en abuser. Cinq ou six fois d’affilée, et plus si affinité, loin d’en rêver, « Riff Raff » : une réalité.

Thierry Dauge

Did you enjoy this article?
Inscrivez-vous afin de recevoir par email nos nouveaux articles ainsi qu'un contenu Premium.