Maxime LE FORESTIER -Mon frère d’Ambalaba

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Maxime LE FORESTIER – Mon frère d’Ambalaba

Maxime Le Forestier

Entre 1969 et 1972, Maxime Le Forestier livre trois « petits » 45-tours et … ne s’en va pas. Avec ces merveilles de compositions à l’orchestration millimétrée, le chanteur moitié beatnik, moitié « folkeux », expose tout son talent. Cinquante ans plus tard, il suit toujours la même ligne d’eau pure et sincère, toute une éducation par ce Grand Monsieur.

Maxime LE FORESTIER – Education Sentimentale

En trois 45-tours …

Maxime Le Forestier

1969. Dès ses débuts, « La petite fugue » nous offre une idée précise de ce dont son auteur / compositeur est porteur. Des mots et des notes en suspens, une vision musicale rythmée par des vers savamment choisis, une invite au voyage. Transhumance tant rurale que citadine, cette fugue hors du commun des « yéyés », du psychédélisme ambiant ou du rock lourd naissant, percute la « variété », ennoblit le genre. Le Forestier « C’est extra » ! Pas encore de guitare acoustique en bandoulière mais un piano, certainement électrique, aux intonations de clavecin pour enluminer le refrain.

La Petite Fugue

1971. Pourquoi deux années écoulées avant « Mon frère » ? Toujours est-il que son ami le piano s’entoure de sacrés « cadors » ! Une partition de cordes aériennes sur le refrain, des chorus de trompette qui évoquent Miles Davis, un orgue ecclésiaste pour ourler les couplets. Et puis les mots, encore, qui content l’histoire d’une absence, d’un fantôme, ce double immatériel qu’on s’invente, enfant, pour affronter l’ennui ou les vicissitudes du quotidien. Sur l’autre face, la six cordes égraine des petites notes « éducatives », de celles qui font les grandes chansons.

Maxime LE FORESTIER – Mon Frère

1972. « C’est une maison bleue … », ou comment décrire San Francisco et ses communautés alors que le Summer of Love relève désormais du passé. La filiation verse toujours du côté Ferré, Brassens, des textes et musiques réfléchis, mélodies épurées relevant d’un travail obstiné. La paraître simple nécessite souvent des heures de complexité. Maxime Le Forestier, sous ce sourire amène, pourrait bien nous cacher une opiniâtreté farouche, boutant la facilité au profit de l’accomplis. « San Francisco » fait mouche une nouvelle fois, ou comment réussir un « coup de trois » … qui prendra quand même quatre années pour aboutir à un album entier.

San Francisco

… et un album

Maxime Le Forestier

Il fallait bien onze titres pour fêter ça ! Outre les trois précédents singles, Maxime nous livre huit autres tranches taillées dans la mystérieuse alchimie qui sculpte son écriture. Mais ça n’est pas tout ! Il faut parler de la production, du son qui sert d’écrin à ces chansons. Pour goûter à leur pleine restitution, il n’y a pas d’autre option que d’écouter ces œuvres au format vinyle. La batterie est dans la pièce, un basse ronde bien appuyée la caresse, les orchestrations sont symphoniques, le tout bénéficie d’une dynamique incroyable. Enregistré au Studio Des Dames, il démontre les trésors de l’analogique : « Je vous parle d’un temps … ».

Et vous savez quoi ? Le chanteur entreprend toujours ses beautés !

Maxime LE FORESTIER – La Rouille (Guitares live – 2002)

Chez Maxime

Amoureux de la vie et de tout ce qui lui donne un sens : la vigne, l’amitié, les femmes … il arrime ses vaisseaux de sujets en traitant, sans excès ni polémique, avec douceur, souvent, avec quiétude tout le temps. Par gourmandise, il reprend certaines chansons de ses maîtres en poésie, ceux qui l’ont précédé sur le chemin des rimes. Qu’a-t-il bien pu vivre à l’école qui lui fasse évoquer ses maîtresse, à moins qu’à mots couverts …

La Maîtresse d’école (live)

Outre rendre grâce à ses influences en réinterprétant leurs chansons, Mr Le Forestier prête volontiers de son temps pour soutenir des causes justes. Les Restos du Cœur en font partie. Ami de Coluche, il participe aux Enfoirés depuis bien longtemps, avec discrétion, comme il se doit d’être lorsque la couverture n’est pas pour soi. Se pourrait-il que, dans ce contexte, il figure lui-même telle une référence auprès des plus jeunes ? Qu’MLF (tiens, tiens …) puisse passer pour un puits de sagesse n’a rien d’outrancier, au contraire. Souvent plébiscitée, la fameuse « Soirée » télévisée nous permis de l’entendre reprendre Renaud en compagnie d’une jeune femme, instant magique pour un duo éthéré.

Mistral Gagnant (les Enfoirés)

Au son ne manque que l’image. De visu, les regards échangés par Maxime et Vanessa transcendent une chanson déjà poignante à l’origine.

Et maintenant

Depuis 1972 et ce premier billet à destination d’autres lieux, Maxime Le Forestier a traversé bien des contrées, seize pour être précis. Dans son sac de voyage, une simple besace en cuir jetée sur l’épaule, celle-là même qui porte sa guitare, on peut croiser des ambiances aux parfums épicés, des images colorées. Pour faire bonne mesure, la musique qui les accompagne prend des formes polymorphes et pluriethniques. A la recherche d’une muse où baigner son inspiration, un chanteur ne doit-il pas de fuguer … ?

Maxime LE FORESTIER – Ambalaba

A n’en pas douter, bien né dans la chanson, l’homme chantera et proposera des spectacles vivants jusqu’à la limite de ce que le temps lui accordera. Pour lui faire écho, nous l’accompagnerons, où qu’il aille. Parce que s’épanouir dans le milieu artistique n’est pas la seule issue. Après tout, nous sommes tous nés quelque part

Thierry Dauge

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