SUPERBUS – Power pop ou punk rock ?

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SUPERBUS – A la française !

Superbus

Quelle classification musicale ?

Superbus, groupe de rock français, pratique-t-il une power pop musclée ou du punk rock caramélisé ? Auquel cas, serait-il approprié de comparer sa musique à une barre de nougat semi tendre glacé d’une fine couche de wasabi ?

Superbus

Disserter d’une notion basée sur le « goût » entraîne inévitablement des désaccords, des interprétations : « Tous les goûts sont dans la nature ! ». En tous cas, quel que soit son statut musical, Superbus l’assume à la française !

SUPERBUS – Je reste encore

L’avènement

En 2002, les radios FM identifiées « Rock » : OUI FM, LE MOUV … propulsent le groupe sous les projecteurs grâce à « Tchi-cum-bah », chanson extraite de leur premier Lp : « Aeromusical ». La coquinette exotique fait preuve d’une fraîcheur revigorante. Depuis sa structure originale de calypso punk-rock, elle répand une pêche communicative. Critère de réussite, elle donne l’envie d’y revenir, d’en découvrir un peu plus. Et puis, dans une niche musicale anglo-saxonne, Racine et Molière auraient apprécié qu’on pratique le français.

Tchi-Cum-Bah

« Aeromusical », premier essai réussi

Outre ce mur porteur, « Aeromusical » (2002) contient d’autres titres non dénués d’intérêt dont : « Into the groove », une cover de Madona assez respectueuse de l’originale, « A travers toi », un témoignage plombé perdu dans un sillon de bonne humeur, « Je reste encore » ou « Superstar », des bulles d’énergie. Le son du disque est impeccable, clair, neveux, « arrangé ». David Salsedo en est responsable, chanteur chez Silmaris, producteur pour Superbus. Il sonorise également l’excellent second album du groupe : « Pop’n’Gum » (2004), dont l’attrait vaut bien celui d’un Lit ou d’un Good Charlotte américain.

SUPERBUS – Pop’n’Gum

De la « Déconne » à l’anathème

La voix de Jennifer Ayache, chanteuse et principal auteur/compositeur de la formation, n’est pas s’en rappeler celle de Gwen Stephani, la polissonne peroxydée de No Doubt. Elle tutoie des intonations plutôt « gamines », des cordes à sauter, des sucettes. Associées aux thématiques adolescentes abordées dans les chansons, Superbus apparaît comme un de ces groupes œuvrant au sein des campus américains, ceux-là même qui rythment les grands raouts de fin d’année universitaire. De ce fait, sa musique fait écho à des ambiances festives, de groupes pour la « déconne ». Son impact limité auprès des fans de rock pur et dur vient-il de là ? Ou provient-il plutôt de l’effet « fils de » ?

C’est pas comme ça

Fille de …

Melle Ayache est la fille de Chantal Lauby de Les Nuls. Comme toutes fille ou tous « fils de », quelques rares artistes mis à part tels Thomas Dutronc ou Arthur H, elle est victime de la vindicte qui caractérise ce statut : CF Adrien Gallo de BB Brunes ou, hors territoire national, Julian Lennon, « fils de » qui vous savez. Même camouflée sous un patronyme de fortune, cette « tare » finit par sortir du bois, dépoussiérée par un fouineur malveillant. S’il est exact que le talent ne se transmet pas, qu’il n’est en rien génétique, un peu de retenu dans le dénigrement systématique dont ces « enfants célèbres » font l’objet serait bienvenu. La seule méthode susceptible de clore les boites à excréments consiste à exposer son travail publiquement. Pour désubjectiviser les a priori, accorder les violons : le live ! Seule épreuve de vérité … ou petit détail.

SUPERBUS – Petit détail

SUPERBUS en concert

Superbus

Le 8 octobre 2002, la Maroquinerie ouvrent ses portes à Superbus. Formidable Club où l’on peut se désaltérer avant un concert puis dîner de concert, la « Maroc » fait figure de lieu idéal pour un groupe qui souhaite « performer » au milieu du public.

Superbus atteint aisément l’objectif. Le son bonifie les notes, les musiciens sont à l’aise et la chanteuse en voix. Dans ce contexte, la musique s’identifie punk rock, celui de Green Day.

Le 20 octobre 2004, à l’Elysée Montmartre, il en va presque de même. Une affection oropharyngée griffe la voix de Jen, lestant son entrain. Elle communique d’ailleurs sa déception au public de ne pouvoir donner plus. Difficile de jugée d’une performance dans ces conditions. Peut-être ailleurs, sur la Toile ?

Lola (live)

Lumières, spectacles, les conditions sont réunies. Sans pour autant tutoyer la vallée des Dieux, ces monstres inaccessibles dont la plupart sont maintenant « vieux », Superbus assure à son visiteur un excellent moment, ambiance sympa partenaires au bras.

Ne nous privons pas d’un plaisir aux prétextes qu’« On m’a dit » ou qu’« Il parait ». En musique, ne jamais hésiter à fouiller les poubelles des autres, on y trouve des hardes qui nous font des drapeaux. Superbus ? Une pépite dans le chapeau.

SUPERBUS et Daniel DARC – Chercher le garçon (live)

Thierry Dauge