ROCKET FROM THE CRYPT – Rock’n’roll high energy

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ROCKET FROM THE CRYPT – In your face !

Rocket From The Crypt

En studio

Avec Rocket From The Crypt, c’est « in your face » dès la première écoute. Quelle que soit la classification musicale du combo, que l’on parle de punk rock, de garage ou de heavy rock, la balance penche du côté du rock et du « bruit », au sens noble du terme. Comme, sur scène et sur disque, une section de cuivres est à l’œuvre, nous optons pour une identification reliant Elvis aux Stooges, un rock’n’roll high energy !

Plus prosaïquement, laissons voyager notre imagination du côté d’une pièce de cuir patinée à l’huile de coude, de chemises country auréolées d’une sueur toute masculine, de cheveux empoissés de brillantine. Entre trompette et saxophone, les Gibson Les Paul parlent aux Marshall.

ROCKET FROM THE CRYPT – Middle / Born in 69 (live)

« Scream Dracula scream » (1995), 3ème Lp de Rocket From The Crypt, inaugure néanmoins sa période rock « publique ». Auparavant, le groupe évolue dans l’underground, publiant des enregistrements inégaux où le son est aride comme un gilet sans boutons, une bière sans houblon, un gâteau sans sucre. Avec ce « cri du vampire », les ambitions de RFTC s’annoncent internationales.

Délaissés, les étuis rigides des guitares se morfondent, délestés au profit de rixes épiques, suites d’accords barrés catapultés en séries serrées. Les doigts saignent, pulpe cisaillée par la vitesse du glissando sur des cordes au tirant tyrannique. L’énergie est maintenue par une batterie dont l’ampleur s’apparente aux grondements du tonnerre au sommet de l’Eiger. Au cœur du séisme, coûte que coûte, l’esprit rock’n’roll se dresse tel un roc, un pic, un cap … une péninsule ! (E. Rostand – 1897).

Break it up

Les albums qui suivent : « RFTC » (1998), « Group sounds » (2001) ou « Live from camp X-Ray » (2002), alternent sauvageries et mélodies, maillant parfois les deux dans un carpaccio de morceaux tendrement acérés. Particularité pouvant nécessiter plusieurs réécoutes, la voix de Speedo, le chanteur speedé. Elle relève d’avantage du pneu prêt à déjanter sur sa roue voilée que de la Castafiore époumonant ses gammes. L’appétit venant en mangeant, s’en goberger, même par la force des choses, concentre l’oreille sur le boucan orchestré qui l’entoure. Condamnant toute issue, jouer un album de Rocket From The Crypt oblige à l’intégralité, le saute-morceau disparaissant dans l’unité orgiaque des titres enchaînés.

ROCKET FROM THE CRYPT – White belt

Immanquablement, l’envie de consommer un fruit aussi défendu consume toute velléité de résistance lorsque l’affiche affiche ce patronyme incongru. N’y tenant plus, plongeons dans le live, le spectacle vivant !

En concert

Rocket From The Crypt

Paris, le Divan du Monde, le 14 octobre 1998, offre l’occasion exceptionnelle à l’amateur de rock d’incendier ce qu’il lui reste de tympans. Ce soir-là, rien ne tourne autour du pot, personne n’emprunte quatre chemins, the shipping cost is free ! Le qualificatif ? Dantesque !!! L’agression maintien une constance exemplaire, soumettant les adeptes au présent : « Qué demain ? ». L’avenir musical se limite à « ici » et « maintenant » ! Ces gars-là ne rigolent pas. Sans pourtant se prendre au sérieux, ils pratiquent leur art comme ils vivent, de façon essentielle. Laissant les artifices et pantomimes à d’autres, le rock’n’roll circule dans leurs veines à la place du sang.

I’m not invisible (live)

Live, Rocket From The Crypt est une grenade qui ré explose à chaque chanson, à chaque titre, à chaque morceau. Assister à l’une de leurs prestations est un bonheur rare, moment unique duquel on ressort béat, comblé, rassasié. Tant que dura le groupe, il fut synonyme d’intégrité : « No compromise man : Rock and Roll and energy ! ». Tant que dura ce groupe, nous l’appréciâmes. Depuis : « Les sanglots longs des violons de l’automne … » (P . Verlaine – 1866) … nous l’appelons … nous l’attendons.

ROCKET FROM THE CRYPT – On a rope (live)

Thierry Dauge