RIVAL SONS – 70’s revival made in 2010

Rival Sons

En studio

« Rival Sons ?! Ce Led Zeppelin du pauvre ? ». De temps à autres, on en entend/lit de drôles de choses…

RIVAL SONS – Pressure and time

En 1964, sors : « Pour une poignée de dollars », alors considéré comme un ersatz de western américain, un mauvais pastiche. On sait ce qu’il en est advenu. Peut-on qualifier un groupe de « clone » sans talent : « Pour une poignée de riffs » ?

Rival Sons

On ne peut plus arbitrairement, « piedestalisons » trois des albums de Rival Sons, formation identifiée hard rock qui en compte six depuis 2009, plus un EP six titres. Pourquoi trois ? Et bien parce que la somme des chansons épatantes contenues dans ces trois-là formeraient un incontournable Lp !

Rival Sons a cela de particulier, particularité pouvant être considérée comme navrante, terrain sur lequel nous n’irons pas, de ne compter qu’un bon 66% de chansons par album qui nous prêtent à croire que ce groupe est un géant, le dernier tiers des titres manquant globalement de « mordant » et/ou d’originalité. Led Zeppelin, puisqu’il faut comparer, a-t-il fait mieux tout au long de son règne ? Propos propices au lynchage de celui qui les ose. Il reste que, lorsque la chanson est « bonne », les qualificatifs manquent …

RIVAL SONS – On my way

Depuis quelques mois, en matière de « clonage » du Dirigeable, on a vu beaucoup plus proche que Rival Sons. En effet, hormis les riffs et l’esprit, la voix de Jay Buchanan ne rappelle pas celle de Robert Plant. En la matière, il existait quelques spécimens dont le chanteur de Fastway, notamment sur leur 1er Lp éponyme. Seulement voilà, Greta Van Fleet a fait surface, et … !!! « C’est impossible ! Il sort d’où cet enregistrement ? De chutes de studio ? ». Et c’est exactement ça ! La similitude est telle que ça en devient, si ce n’est gênant, pour le moins troublant.

GRETA VAN FLEET – When the curtain falls

Chez Rival Sons, la tessiture vocale se rapproche d’avantage d’un croisement entre Paul Rogers de Free et Klaus Meine de Scorpions. Live, on peut ajouter cette capacité à pousser des hurlements dont Ian Gillan, l’époustouflant chanteur de Deep Purple, avait le secret. Nous y reviendrons.

Pour le son de la guitare, il est tellement compressé qu’une fois détaché des autres instruments, l’écouter frôle le désagrément. Les notes déchirent le silence à la limite de l’incompréhensible. En cela, il parallélise celui de Neil Young en concert, lorsque ce dernier communie sur sa Les Paul Old-Black. Associé à une paire basse/batterie aussi puissante que groovy, la formule devient magique, ou la somme d’individualités au bénéfice d’un ensemble magnifié.

RIVAL SONS – Keep on swinging

Là où le groupe sonne encore mieux que sur disques, c’est sur scène

En concert

Rival Sons

Le 6 février 2017, à l’Elysée Montmartre, Rival Sons vient défendre « Hollow Bones » (2016). Le groupe est revenu à Paris le 9 février dernier, sur la tournée « Feral roots » (2019), mais c’était au Bataclan

En ce jour de 2017, celles et ceux les ayant déjà pratiqué au Nouveau Casino en 2012, pour « Head down », et/ou au Trianon en 2014, pour « Great western valkyrie », pensent savoir à quoi s’en tenir.

RIVAL SONS – Electric man (live)

Erreur ! Les musiciens ont affûté leurs armes comme jamais ! L’interprétation des titres fleure bon la cordite et Buchanan n’a jamais été aussi en voix. Sa prestation, sans rien enlever à celles de ses camarades, terrasse l’assistance. A-t-on jamais entendu un chanteur pousser sur ses cordes vocales à ce point sans les perdre ?! La réponse est simple : non. Chantilly : ces saillies sont gorgées de feeling, loin, bien loin de la démonstration gratuite.

RIVAL SONS – Fade out (live)

De pièces southern & heavy, à d’autres quasi psychédéliques, on peine à définir avec exactitude l’appartenance musicale du quatuor. Par contre, le plaisir intense de partager avec lui un duo d’heures en salle obscure se fait jour très rapidement.

Passés les « j’aime » ou « j’aime pas », il en va de la musique du groupe comme des sentiments amoureux. Dans votre jardin secret, il subsiste ces regards échangés l’espace d’un instant et qui furent plus puissants que certaines relations suivies. A l’issue de cette séance publique en compagnie du groupe, il subsiste une émotion musicale que seule une autre prestation saura, peut-être, un jour, recréer. Pour ne plus en douter, promettons-nous d’essayer

Thierry Dauge – CulturesCo

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