Les faces cachées de Joe Dassin

0
591

Joe Dassin – Le plus Américain des chanteurs français

Joe Dassin
Fortement conseillé !

Les merveilles à redécouvrir (1965 – 1966)

Avant d’être un chanteur de variétés omniprésent au hit-parade (Les Champs-Elysées) avec des tubes que l’on peut qualifier de contestables (Le pain au chocolat, Siffler sur la colline, etc.) Joe Dassin avait été un artiste prometteur et talentueux.
Joe est né à New York en 1938. Son père était un célèbre metteur en scène de cinéma chassé des States (son épouse est Melina Mercouri). Dès lors, Joe n’avait qu’un rêve : revoir son pays natal.

Il connaît à la fois la fuite du pays qui l’a vu naître et le rejet du milieu où évoluait sa famille : ses parents conseillent à leur fils de suivre une toute autre carrière. C’est pour leur obéir que Joe accepte de poursuivre ses études. Et comme il rêve de revoir les Etats-Unis et que lui peut y retourner, il s’inscrit dans une université américaine, hélas sans grande conviction : il se serait plutôt contenté d’une carrière d’artiste.

Le jeune Joe Dassin choisit médecine… C’est toutefois en désespoir de cause, car ça l’ennuie profondément. Surtout qu’au bout de trois années d’études médicales, il se retrouve dans l’obligation de disséquer un cadavre. Et comme en général chacun sert plusieurs fois, celui qui lui passe entre les mains n’était plus de première fraîcheur. Joe fait face courageusement une poignée de secondes… et s’évanouit.
Son avenir avait basculé.

Joe Dassin ne serait pas médecin. En fils respectueux et obéissant, il retourne néanmoins à l’Université, espérant se raccrocher à une autre branche. Mais au moment de signer un contrat pour vouer sa vie à l’enseignement, il voit sa vie à venir, petit professeur durant de nombreuses années, puis, peut-être, devenu vieux, grand professeur attendant impatiemment la retraite. Il entrevoit la routine et l’ennui.
Non, décidément, ça n’est vraiment pas pour lui, cette vie-là !

Retour en France

Du coup, il revient en France ; il a 22 ans, il ne sait pas encore qu’il sera chanteur. Il avait, certes, déjà chanté, brièvement, du folklore italien (une tarentelle de moins d’une minute !), sur la B.O. du film « La Loi » (avec Gina Lolobrigida), réalisé par son père en 1958. Et, sur le campus américain, il se détendait en interprétant, à la guitare, et en français, des succès de Brel et de Brassens. Mais, pour l’instant, il n’entrevoit pas son avenir dans la chanson. Au contraire, il va plutôt essayer de tirer parti de ce qu’il a appris auprès de Jules Dassin.

On le retrouve, pendant quelque temps, assistant cinématographique. Il décroche également un rôle assez conséquent dans « Topkapi » réalisé par son père en 1964 avec Melina Mercouri et Peter Ustinov dans les rôles principaux.

La musique, il ne va s’y mettre que mollement, par le biais du « folk-song », au Centre Américain de Montparnasse qu’il fréquente assidûment (il y fera la connaissance de Claude Lemesle, co-responsable, avec Delanoë, des paroles de « L’été indien »).

Ses premiers enregistrements seront fortement empreints de cette couleur si typiquement folk nord-américaine qui se colporte traditionnellement, à coup de guitare et d’harmonica, avec parfois des héros dont les noms sont inoubliables : Leadbelly, Woody Guthrie, Bob Dylan… et dont les refrains se retrouvent sur les premiers 45 tours de 1965 : « Kathy Cruel », « Je Change Un Peu De Vent », adaptation de « Freight Train ».

Joe Dassin – Je change un peu de vent

Autre merveille, son adaptation de « Early Mornin’ rain » de Gordon Lightfoot qui devient « Dans la brume du matin ». l’interprète double joliment sa voix, assurant une partie des chœurs en se répondant à lui-même.

Joe Dassin – Dans la brume du matin

Et comment oublier (ou découvrir !) cette splendeur, « Combien de temps pour t’oublier » (« Can’t Help But Wonder » de Tom Paxton)

Joe Dassin – Combien de temps pour t’oublier

Cette passion pour tous les folklores, et principalement ceux du continent américain, sera l’une des raisons du succès de Joe, puisque ses premiers tubes furent « Guantanamera » et « Bip Bip », adaptations de chansons d’Amérique latine. Il était parti pour la gloire !

Daniel Lesueur

A lire également : Mylène Farmer, la star venue du froid