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L’histoire d’un groupe rétro en pleine vague psychédélique.

Creedence Clearwater Revival ! En 1968, alors que le psychédélisme californien conduit le rock sur les voies abstraites du jazz, l’arrivée de ce groupe au nom interminable ramène le genre à ses fondamentaux.

Creedence Clearwater Revival

Des débuts laborieux

Le quatuor voit le jour en 1959, dans le quartier d’El Cerrito (San Francisco). A l’époque, John Fogerty reprend les standards du moment sur son piano. Son frère Tom, guitariste, décide alors de recruter Doug Clifford et Stu Cook, respectivement batteur et bassiste. La formation connue plus tard sous le nom de Creedence Clearwater Revival est déjà au complet. Pour l’heure, elle se fait appeler The Blues Velvets, avec Tom Fogerty comme lead-singer et guitariste…

Creedence Clearwater Revival
Tom et John Fogerty

Une erreur dans laquelle ils vont persister, et qui malgré les changements de noms, les empêchera longtemps d’accéder à la réussite. Tom Fogerty a pourtant du talent à revendre, mais sa voix est assez commune. En outre, il ne possède ni l’âme d’un leader, ni l’aura d’un front-man.

En 1964, les quatre musiciens signent pour le label Fantasy, sans obtenir le moindre succès. Pourtant, la formation est rodée au blues-rock qui fait la gloire des groupes anglais, comme les Rolling Stones ou The Animals.

Tommy Fogerty & The Blues Velvets – Come on Baby

Ils ont tout pour devenir le premier grand groupe de rock américain. Excepté une chose… l’étincelle ! Celle-ci va venir de John Fogerty. En 1966, adepte d’un rock efficace, ce dernier s’efforce d’entraîner le groupe renommé The Golliwogs, sur des sonorités plus tendances.

The Golliwogs

The Golliwogs sortent quelques singles dans la veine du rock-garage américain des 13th Floor Elevators, mais sans succès. Même si ce n’est pas leur voie, c’est en s’inspirant des Kinks, et de leur mélange d’harmonies soignées et de riffs sauvages, qu’il voient enfin la lumière…

The Golliwogs – Try Try Try

Aguerri par des années de route et un passage par l’armée, John Fogerty s’impose au début de la florissante année 1967, comme le nouveau lead-singer et guitariste d’un groupe qu’il renomme Creedence Clearwater Revival.

John Fogerty

Et même s’il semble qu’il n’y soit pas allé de main morte pour évincer son frère aîné, force est de reconnaître que la légende naît de ses talents, ainsi que de son amour pour le blues et la country. CCR classe deux singles au billboard, Porterville et Walk on the Water

Creedence Clearwater Revival – Walk on the Water

« Creedence » est le nom d’un des amis de John Fogerty. Il symbolise aussi l’espoir d’un renouveau pour le groupe (credence = croyance/foi). « Clearwater » est une marque de bière qu’affectionne le chanteur. Enfin, « Revival » représente leur volonté de renouer avec les racines du rock’n’roll.

Leur maîtrise du country-rock, du blues, leur rigueur, leur professionnalisme, tout cela allié à la virtuosité de ce guitariste-screamer va finir par payer.

Premier album

Creedence Clearwater Revival

CCR trouve son public avec un premier album paru le 28 mai 1968. D’emblée, le groupe fait étalage de son talent et livre deux reprises de très haut vol. La première, I put a spell on you de Screamin’ Jay Hawkins, single très remarqué, où le nouveau chanteur fait sensation.

Creedence Clearwater Revival – I Put a Spell on You

C’est sur la seconde que CCR accède au créneau qui lui est destiné. Issue du rockabilly, cette reprise de Dale Hawkins date de 1957, bien qu’elle soit orthographiée différemment. Le S de Susie a été remplacé par un Z. En réalité c’est un clin d’œil à son sens initial, le Suzie Q était une danse swing durant les années vingt.

“Après avoir fini d’enregistrer nos parties, les autres gars ont traîné pendant que je mixais. Le problème était qu’ils faisaient tous des commentaires comme: « Eh bien, cela ne fonctionnera pas. Ca ne fonctionnera pas. » C’est la toute dernière fois que je leur ai permis d’être là quand je mixais un disque. En gros, on enregistrait le groupe, puis je les jetais hors du studio. Je ne pouvais tout simplement pas les avoir dans les pattes pendant que je faisais des overdubs, ils n’étaient pas très constructifs.” John Fogerty

John Fogerty s’empare donc du leadership, et CCR ravive les influences de Bill Monroe, Elvis Presley, Johnny Cash et Muddy Waters. Ce n’est qu’un indicateur de plus venant confirmer la tendance rétro de cette formation faisant la part belle au blues, au rythm & blues, et à la country-music.

Suzy Q. fait fureur sur les ondes radios. CCR trouve son style, qualifié désormais de Bayou Rock

Creedence Clearwater Revival – Suzie Q.

Autre signe distinctif, à l’heure où la majorité des artistes arborent colifichets et tuniques indiennes, sans pour autant s’éloigner de la cause pacifiste, les Creedence conservent une apparence sobre, et sans artifices. A l’image de leur musique…

Creedence Clearwater Revival – The Working Man

En cette année 1968, si les américains peuvent s’enorgueillir d’avoir produit avec Hendrix, Joplin et The Doors, les artistes les plus innovants de leur génération, dans la nouvelle déferlante de rock psyché anglais qui s’abat alors sur les Etats-Unis, Creedence Clearwater Revival vient rappeler avec une certaine dignité, que le rock’n’roll et ses composants ont vu le jour sur le nouveau continent.

Creedence Clearwater Revival – Gloomy

John Fogerty ne signe que trois titres originaux, mais ses prestations scéniques convaincantes, et la production flatteuse de Saul Zaentz parviennent à conquérir une partie du public américain.

Creedence

En 1969, ils passent encore un cap, avec de nouveaux instrumentaux et de nombreux textes fictionnels écrits par le leader. Ils peaufinent leur style sur deux albums encensés par la critique, Bayou Country et Green River. Avant le quintessentiel Cosmos Factory

Serge Debono

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