Vanessa PARADIS – Love songs

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Vanessa PARADIS – Au-delà du taxi

Vanessa Paradis

En studio

Tout commence parce que, chez nous, lorsque quelqu’un écoute de la musique, les autres aussi. Qu’on adule ou qu’on ne fasse qu’apprécier, on respecte. Maintenant, lorsque l’on sait que l’on va au-delà du raisonnablement consenti, on s’abstient, on diffère. Avec Vanessa Paradis, nous sommes dans la tolérance : « Ok, j’écoute ». Faire preuve d’ouverture musicale générant parfois des surprises, avec « Love songs » (2013), on est servi !

Le sillon renferme vingt chansons, rien de moins ! Chantés par la Belle et dirigés par Benjamin Biolay, les morceaux bénéficient d’un son impeccable, cristallin. Étonnamment, à l’opposé de ce que l’on pourrait craindre, point de remplissage dans ce métissage ! Au sortir de « Divinidylle » (2004), marqué par la patte de Matthieu Chédid, la suite était sous la loupe. Avec « Love songs », les adeptes sont tout autant surpris que rassérénés. Une impression de profondeur, de nostalgie, de romantisme suranné et lumière sépia enveloppent l’ensemble de l’ouvrage.

Vanessa PARADIS – Tu vois c’que j’vois

Bien que plusieurs auteurs/compositeurs aient prêté leur talent, l’homogénéité n’a d’égal que la qualité, deux constantes. Outre le Biolay, Mademoiselle Paradis a rameuté l’iconoclaste Mathieu Boogaerts, le « bébé brun » Adrien Gallo, le libertin Carl Barât et quelques autres pointures moins couronnées mais tout aussi inspirées. De l’intimisme à l’exotisme, la pop règne, à l’exception de ces plages identifiables à l’éternelle « chanson française ». Certaines suivent des lignes de piano quasi « classiques » : impromptu, nocturnes, préludes, ce genre-là. D’autres invoquent un quatuor à cordes. Alors, la voix de Vanessa se pose telle une plume bleue sur ces partitions et les mélodies s’envolent.

Être celle

Le bouquet de pop love songs parcoure des enchaînements mainte fois usités et pourtant innovants, comme si les sept notes n’attendaient que cela : se faire basculer dans tous le sens puis s’accoquiner au plus offrant. Et en matière d’offrandes, un qui s’y connait, c’est Biolay. Il est fort probable qu’une idylle ait participé au rapprochement de nos deux protagonistes. Quoi qu’’il en soit, l’auteur compositeur interprète a tout particulièrement soigné ce qu’il a proposé au Paradis, tout comme il l’avait fait pour Elodie Frégé sur « La ceinture » (2006). Nonobstant, en matière de pop « idéale », il est un « BB » qui s’y connait également, livrant rien moins qu’un « tube » à l’égérie Chanel.

Vanessa PARADIS – Mi amor

De ritournelles en pseudo rock, de mambo en ballades, ce double vinyle est un véritable enchantement. Au risque de se répéter, persistons : rien n’est à jeter ! Pour juger de l’opposé, deux indices sur lesquels s’appuyer : une lassitude envahissante ou, encore plus prégnant, l’interruption d’un priapisme jusqu’alors persistant. C’est que s’avaler une vingtaine de sardines sans tiquer sur l’odeur ou la présence consternante d’innombrables arêtes relève parfois de l’exploit ! « Déjà fini ?! », voilà ce que l’on peut entendre susurrer par les papillons pris dans le filet du même nom lorsque l’on relève le bras de la platine en bout de Face D. « ‘Vinyle’ ! ‘Platine’ ! Une chronique de vieux con … », tous les possibles …

La chanson des vieux cons

Live, il se dit que la Divine chanterait faux (?!). Avec ce type de fielleuse affirmation, une seule solution : chausser ses crampons et filer vérifier sur le terrain !

En concert

Vanessa Paradis

Le 5 novembre 2013, dans le prolongement de l’enregistrement, une procession de « belles personnes » se pressent devant l’entrée du Casino de Paris.

Une première partie, une brève attente et … les voilà ! « Les » ? C’est que le géniteur de l’album est également sur scène au côté de sa Muse, empoignant les instruments nécessaires aux orchestrations : piano, guitare, trombone à coulisse, violon et même cordes vocales pour un final à deux voix sur « Les roses roses ». A son entourage immédiat, un « groupe ». Trinôme basse/batterie/guitare d’un côté, clavier de l’autre. Devant lui, une jeune femme affirmée, communicante, souriante et, pourquoi le nier, aussi belle et jolie que lorsqu’elle fredonnait l’histoire d’un taxi.

Elle regarde la salle, lui sourit et … que tourne le juke box

Vanessa PARADIS – Tandem (live)

… et que tournent les années

Joe le taxi (live)

… pour un feu d’artifices, un bouquet de chansons à peine érodées.

Divinidylle

Non seulement Vanessa Paradis chante juste mais elle propose en sus un spectacle impeccablement réglé par son serviteur princier.

Sur les sites web proposant des spectacles, on lit depuis quelque temps que l’elfique chanteuse revient visiter son public en décembre prochain. Nous y croiserons-nous ? En cette fin de juillet, j’en vois déjà qui ont leurs billets …

Thierry Dauge